Abidjan, 26 juin 2026 (AIP) – La ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration, Anne Désirée Ouloto-Lamizana, a appelé, jeudi 25 juin 2026 à Abidjan, à une profonde évolution des mentalités afin de favoriser l’accès des femmes aux métiers techniques et leur pleine participation au développement de l’administration publique.
Mme Ouloto-Lamizana a lancé cet appel à l’issue d’une table ronde organisée au palais de la culture de Treichville, dans le cadre des Journées nationales du service civique (JNSP), autour du thème : « Femmes de l’administration publique et métiers techniques : conditions pour une intégration réussie ».
Selon elle, les politiques publiques et les réformes institutionnelles, à elles seules, ne suffisent pas à garantir une égalité réelle des chances entre les hommes et les femmes. Les changements durables reposent avant tout sur une transformation des comportements, aussi bien au sein des familles que dans les établissements scolaires et les administrations.
Illustrant son propos, la ministre d’État a relevé que les stéréotypes de genre prennent naissance dès l’enfance et influencent les choix d’orientation des filles. « Pour que la petite fille ose porter le sac de son père, il faut d’abord que celui-ci l’y autorise, au lieu de réserver cette responsabilité à son petit frère », a-t-elle expliqué, soulignant que les habitudes familiales, les jouets proposés aux enfants ou encore la répartition des tâches domestiques contribuent à façonner les rôles sociaux.
Elle a également insisté sur la nécessité d’intégrer les besoins spécifiques des femmes dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques. Évoquant l’absence de sanitaires adaptés dans certains établissements scolaires, Anne Désirée Ouloto a déploré les conséquences de cette situation sur la scolarité des jeunes filles, notamment durant les périodes menstruelles.
S’adressant aux futurs fonctionnaires présents à cette rencontre, elle les a invités à promouvoir l’égalité des chances, à privilégier le travail d’équipe et à combattre les préjugés qui continuent d’associer certaines fonctions aux seuls hommes.
Les différentes communications ont également mis en évidence la faible représentation des femmes dans ces domaines. Pr Soro Yaya a indiqué que, dans certaines institutions d’enseignement supérieur, les femmes ne représentent qu’une faible proportion du corps enseignant. Il a notamment révélé que sur 410 enseignants, seulement 42 sont des femmes.
Selon les données présentées au cours de la rencontre, les femmes représentent environ 32 % des effectifs dans les filières d’ingénierie.
La directrice générale de l’Institut pédagogique national de l’enseignement technique et professionnel (IPNETP), Edmée Mansilla, a relevé que cette proportion demeure de 35 % en génie civil et de 21,9 % en mécanique automobile, une situation qu’elle attribue notamment à la persistance des stéréotypes de genre et au déficit de modèles féminins.

Au terme des échanges, les participants ont recommandé le renforcement du mentorat féminin, une meilleure orientation des jeunes filles vers les filières scientifiques, le développement de la formation continue, ainsi que la prise en compte systématique de l’approche genre dans les politiques de recrutement de l’administration publique. Ils ont également insisté sur la nécessité d’un accompagnement accru des familles et d’un meilleur partage des responsabilités domestiques entre les hommes et les femmes.
Clôturant les travaux, la ministre d’État a réaffirmé que l’égalité professionnelle se construira autant dans les familles et les écoles que dans les administrations, estimant qu’une société plus inclusive passe nécessairement par une éducation affranchie des stéréotypes et une confiance accrue accordée aux filles comme aux garçons.
(AIP)
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