Abidjan, 26 juin 2026 (AIP) – Une session d’orientation des parlementaires sur les principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, couplée à la restitution des résultats du quatrième cycle de l’Examen périodique universel (EPU) de la Côte d’Ivoire, s’est tenue vendredi 26 juin 2026 au siège de l’Assemblée nationale à Abidjan.
Présidée par la vice-présidente de l’Assemblée nationale, Fatoumata Diop, représentant le président de l’institution, Patrick Achi, cette rencontre visait à renforcer les capacités des députés sur les enjeux liés aux droits humains dans le contexte du développement économique fulgurant que connaît le pays.
« Protéger, parce que les États ont le devoir de protéger les droits humains contre les violations par les tiers en adoptant des lois et des politiques appropriées. Respecter, car les entreprises doivent respecter ces droits dans toute leur chaîne de valeurs. Réparer, en mettant en place des mécanismes efficaces pour permettre aux victimes d’obtenir des réparations », a rappelé Mme Diop, citant les trois piliers fondamentaux des principes directeurs de l’ONU.
La vice-présidente de l’Assemblée nationale a souligné que la Côte d’Ivoire, grâce à l’ambitieux programme de développement conduit sous le leadership du président Alassane Ouattara, se transforme avec un secteur minier en plein essor, des zones industrielles en mutation et une agro-industrie qui s’intensifie. « Derrière cette embellie économique, il y a avant tout des réalités humaines dont il faut tenir compte », a-t-elle insisté.
Dans cette dynamique, le processus d’élaboration du plan d’action national sur les entreprises et les droits de l’homme vise à créer un cadre de gouvernance permettant de prévenir les atteintes aux droits humains, de renforcer la responsabilité des entreprises et de garantir aux victimes un accès effectif aux mécanismes de recours et de réparation.
Par ailleurs, la rencontre a permis de faire le point sur l’EPU. Présenté le 5 novembre 2024 devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, la Côte d’Ivoire a reçu 273 recommandations dont 226 ont été acceptées, 10 acceptées partiellement et 37 notées. « L’acceptation des recommandations ne constitue qu’une étape. Le véritable défi réside désormais dans leur mise en œuvre effective », a relevé Fatoumata Diop, insistant sur le rôle stratégique du Parlement dans le suivi des engagements internationaux du pays.
Le président du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), le Dr Adjélou Christian Arnaud, a salué la tenue de cette activité au sein de l’institution parlementaire. Il a rappelé que dans le cadre du principe de Belgrade, les institutions nationales des droits de l’homme doivent interagir avec les parlementaires.
« La Côte d’Ivoire fait face à un développement économique croissant, fulgurant. Dans toutes les régions, on a l’industrie extractive qui se développe. Mais l’action de ces entreprises a un impact sur l’environnement, sur les droits humains », a-t-il expliqué, soulignant la nécessité de doter les parlementaires d’outils pour sensibiliser les populations et les entreprises à leurs responsabilités.
La conseillère senior en droits humains à l’Institut danois des droits humains (IDDH), Josiane Tapsoba, a pour sa part indiqué que l’IDDH demeure convaincue que l’engagement des parlementaires est un levier important pour faire progresser l’agenda national des entreprises et des droits de l’homme.
Elle a formulé le vœu que les échanges aboutissent à des recommandations concrètes pour une meilleure intégration des droits de l’homme dans les politiques publiques et les pratiques des entreprises.
(AIP)
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