Tiébissou, 4 juil 2026 (AIP)- Le professeur d’anglais au lycée Coffi Gadeau de Tiébissou, N’da Konan Alain, plus connu sous le pseudonyme littéraire de « N’djah N’zèbou », a partagé vendredi 3 juillet 2026 les motivations qui l’ont conduit à transiter de l’enseignement de la langue de Shakespeare à la création poétique en français.
Lors d’un entretien accordé à l’AIP, l’enseignant né en 1971 a confié que son immersion dans le monde de l’édition s’est concrétisée en février 2026 avec la parution simultanée, chez les Éditions L’Harmattan, de ses deux premiers recueils de poèmes, « La Curée des vautours » et « L’Intrépide Yao Koffi Zogbé », qui lui ont valu une invitation notable au dernier Salon international du livre d’Abidjan (SILA) en mars 2026.
Pour ce pédagogue qui tient la craie d’anglais depuis l’année scolaire 2000-2001, l’écriture en français n’est pas un paradoxe, mais une suite logique. « Ma passion pour la littérature remonte à mes années de lycée. La pratique de la poésie repose avant tout sur la maîtrise des techniques d’écriture, peu importe la langue enseignée », a-t-il expliqué, justifiant le choix du français comme canal d’expression.
Le déclic de cette aventure scripturale s’est produit en 2022. Encouragé par ses proches et ses collègues qui lisaient ses publications sur les réseaux sociaux, N’da Konan a franchi le pas. Il puise son inspiration aussi bien dans les fables occidentales de Jean de La Fontaine que chez les maîtres de la littérature africaine à l’instar de Bernard Dadié, Léopold Sédar Senghor et Véronique Tadjo (ndlr : orthographié Frédéric Tadjo dans les propos). L’art oratoire de Bomou Mamadou et l’héritage proverbial de son grand-père maternel complètent ses influences.
Revenant à une poésie « engagée » qui explore également les méandres de l’amour, l’auteur utilise abondamment les métaphores et la sagesse du terroir. Son nom de plume, « N’djah N’zèbou », traduit d’ailleurs cet engagement culturel. « En langue baoulé, « N’djah » désigne Monsieur, tandis que « N’zèbou » fait référence à la divinité de la vérité. C’est donc un condensé qui signifie « Monsieur Vérité » », a-t-il précisé.
Quatre mois après ses premiers pas officiels en librairie, le poète-enseignant garde les pieds sur terre et prépare la dédicace officielle de ses ouvrages pour la rentrée scolaire 2026-2027 à Tiébissou. Un troisième livre, actuellement en attente d’édition, devrait définitivement sceller sa place dans le paysage littéraire ivoirien.
(AIP)
myk/ad/kp

