Odienné, 12 juin 2026 (AIP) – Dans un contexte marqué par la recherche de solutions durables pour améliorer la productivité du cheptel et réduire les conflits liés à la transhumance, le Maralfalfa s’impose progressivement comme une alternative prometteuse pour les éleveurs ivoiriens.
Cette graminée tropicale vivace originaire d’Amérique latine est présentée par les spécialistes comme une solution durable pour améliorer la productivité des élevages tout en réduisant les pressions sur les ressources naturelles.
Reconnaissable à ses touffes denses pouvant atteindre entre quatre et sept mètres de hauteur, le Maralfalfa ressemble à la canne à sucre. Sa longévité, estimée à une quinzaine d’années, ainsi que sa facilité de multiplication par bouturage en font une culture particulièrement adaptée à la production fourragère à grande échelle.
Bien que peu répandue dans le milieu agro-pastoral ivoirien, cette plante a fait l’objet de recherches dès les années 1970 par un étudiant de l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB), devenu Dr Tagoulbe Tuyo. Aujourd’hui, sa promotion est portée notamment par la Coopérative nationale des acteurs de l’économie fourragère de Côte d’Ivoire (CNEF-CI), dirigée par Samuel Kouamé. Basée à Yamoussoukro, la Coopérative développe des semences, des techniques de transformation et des programmes de formation destinés aux éleveurs.

Selon les spécialistes du secteur, le Maralfalfa affiche des performances remarquables avec des rendements pouvant atteindre 200 à 300 tonnes de matière verte par hectare et par an. Récoltable tous les 45 à 60 jours, il présente également une teneur en protéines comprise entre 12% et 18% selon le stade de coupe, favorisant une alimentation équilibrée des bovins, ovins et caprins.
Les analyses nutritionnelles indiquent une valeur énergétique de 0,67 unité fourragère viande (UFV) par kilogramme de matière sèche, une matière azotée digestible (MAD) de 89 grammes par kilogramme de matière sèche et une matière azotée totale (MAT) de 124 grammes par kilogramme de matière sèche. Ces caractéristiques en font un aliment particulièrement adapté aux besoins des bovins, ovins et caprins à différents stades de croissance.
Au-delà de ses qualités nutritionnelles, cette culture offre plusieurs avantages socio-économiques. En facilitant l’alimentation en stabulation, elle contribue à réduire la divagation des animaux et les conflits entre agriculteurs et éleveurs. Elle favorise également l’augmentation de la production de lait et de viande grâce à une meilleure croissance du cheptel, tout en créant des opportunités d’emplois dans la filière fourragère.
Sur le plan environnemental, le Maralfalfa participe à la préservation des pâturages naturels et à la lutte contre l’érosion des sols. Sa bonne adaptation aux conditions climatiques du Nord de la Côte d’Ivoire et sa résistance au stress hydrique renforcent davantage son intérêt.
Au plan économique, le Maralfalfa contribue à améliorer les performances zootechniques grâce à un gain de poids plus rapide des animaux ainsi qu’à une augmentation de la production de lait et de viande. Son développement pourrait également générer de nouveaux emplois dans la production, la transformation et la commercialisation du fourrage.

Cette culture présente également des avantages sociaux et environnementaux. En favorisant l’alimentation en stabulation, elle réduit la divagation des animaux et les conflits entre agriculteurs et éleveurs. Elle contribue par ailleurs à diminuer la pression sur les pâturages naturels et à lutter contre l’érosion des sols grâce à son caractère pérenne.
Grâce à ses rendements élevés, sa valeur alimentaire et sa capacité d’adaptation aux conditions agroclimatiques du Nord ivoirien, le Maralfalfa apparaît aujourd’hui comme l’une des pistes les plus sérieuses pour renforcer l’autonomie alimentaire du cheptel et soutenir le développement durable de l’élevage en Côte d’Ivoire.
Pour tirer pleinement profit de cette ressource, les producteurs doivent cependant maîtriser plusieurs techniques, notamment la préparation du sol, la fertilisation, l’irrigation, l’entretien des parcelles et les méthodes de conservation du fourrage. Le fanage, le séchage, l’ensilage et le hachage figurent parmi les procédés recommandés pour préserver les qualités nutritives de la plante. C’est dans cette optique que la CNEF-CI multiplie les actions de formation afin d’accompagner les producteurs.
Avec son rendement élevé, sa valeur nutritive et ses bénéfices économiques et environnementaux, le Maralfalfa apparaît aujourd’hui comme une alternative prometteuse pour renforcer la durabilité des systèmes d’élevage et contribuer à la sécurité alimentaire en Côte d’Ivoire.
(Reportage réalisé par Kouma Dénis/AIP Odienné)
(AIP)
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