Tanda, 18 juil 2026 (AIP) – Les panélistes de la conférence-débat marquant le lancement de la deuxième édition du Bissata Festival ont appelé au renforcement du vivre-ensemble à travers la valorisation de la diversité culturelle, considérée comme un facteur majeur de paix, de cohésion sociale et de préservation du patrimoine culturel.
La rencontre, organisée jeudi 16 juillet 2026 à la salle des fêtes de la mairie de Tanda autour du thème, « Vivons ensemble dans la diversité pour préserver notre héritage culturel », s’est déroulée en présence du corps préfectoral, des élus locaux, des directeurs et chefs de service ainsi que de nombreuses populations.
Les échanges ont réuni plusieurs personnalités, notamment le directeur du musée de Bondoukou, Bema Ouattara, le chef du village de Tanda, Nanan Menzan Antoine, la secrétaire générale de la préfecture de Tanda, Amoa Brou Rachel, et le président des Festivals de Côte d’Ivoire, ambassadeur de la paix et commissaire général du Djaka Festival, Draman Zoua Alexandre.
Intervenant sur les fondements de la diversité culturelle, Bema Ouattara a rappelé que la région du Gontougo compte 14 ethnies, dont chacune possède des spécificités culturelles qui méritent d’être connues et valorisées. Il a insisté sur la nécessité de distinguer les identités culturelles, notamment entre les Malinké et les Dioula, les Koulango et les Bron, afin de favoriser une meilleure connaissance mutuelle.
Selon lui, la diversité culturelle constitue une opportunité de partage, de découverte de l’autre et de rapprochement entre les communautés. Il a également souligné que le métissage culturel demeure une voie efficace pour prévenir les conflits identitaires.
Le chef du village de Tanda, Nanan Menzan Antoine, a, pour sa part, relevé que le non-respect des coutumes et des pratiques culturelles des différentes communautés figure parmi les causes des incompréhensions sociales. Il a invité les populations à faire preuve d’ouverture et de respect envers les traditions des autres communautés, tout en plaidant pour une revalorisation du patrimoine culturel matériel et immatériel, à travers la protection des sites historiques, des tombes ancestrales et la transmission des savoirs par les anciens.
Abordant les facteurs pouvant fragiliser la cohésion sociale, la secrétaire générale de la préfecture de Tanda, Amoa Brou Rachel, a évoqué le manque d’écoute et de dialogue comme l’une des principales sources des conflits intercommunautaires. Elle a cité également les rumeurs, les rivalités liées à l’accès aux ressources économiques, notamment l’eau, les mines et les espaces marchands, ainsi que les manipulations politiques, les préjugés et les blessures du passé comme des éléments susceptibles d’alimenter les tensions.
Pour consolider le vivre-ensemble, elle a recommandé la protection des sites sacrés, le développement des maisons de la culture et la documentation de l’histoire des peuples afin de préserver la mémoire collective.
De son côté, Draman Zoua Alexandre a estimé que la mauvaise application de certaines lois peut également favoriser les conflits. Il a plaidé pour une gouvernance plus juste et inclusive, tout en invitant les populations à cultiver l’humilité, la patience, la tolérance et à éviter les stéréotypes ainsi que les préjugés.
Le commissaire général du Bissata Festival, Adingra Aziz, a indiqué que cette deuxième édition vise à promouvoir le vivre-ensemble à travers la célébration des différentes cultures du terroir. Durant trois jours, les festivaliers prendront part à des compétitions sportives intercommunautaires, des expositions culinaires, un concours Awoulaba, un concert géant ainsi que plusieurs activités culturelles destinées à renforcer les liens entre les communautés et à valoriser le riche patrimoine culturel du Gontougo.
(AIP)
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