Man, 12 août 2026 (AIP)–Les maternités sont appelées à devenir des points de départ de l’identité juridique des enfants à travers l’enregistrement de leur naissance dès les premières heures de leur vie, a indiqué le directeur général de l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI), Ago Christian Kodia, mardi 11 août 2026 à Man, lors de la 9ᵉ Journée africaine de l’état civil (JAEC).
« La maternité ne doit plus être considérée uniquement comme le lieu où l’enfant vient au monde. Elle doit aussi devenir l’un des premiers points de départ de son identité juridique », a déclaré M. Kodia, estimant que la naissance constitue le premier événement de la vie devant être reconnu par l’Etat.
Les professionnels de santé occupent ainsi une place dans le processus, puisqu’ils accueillent les mères, constatent les naissances et disposent des informations nécessaires à leur notification aux services d’état civil.
Pour le directeur général de l’ONECI, leur rôle ne se limite donc pas à la prise en charge sanitaire. « Vous ne faites pas seulement naître des enfants, vous contribuez aussi à faire naître leur identité juridique », a-t-il relevé à leur endroit.

Cette implication doit permettre d’éviter qu’un enfant se retrouve plusieurs années après sa naissance sans acte d’état civil et confronté aux difficultés liées à l’absence d’identité juridique. Chaque information renseignée et chaque notification effectuée au moment de la naissance doit contribuer à réduire ces situations.
L’ONECI entend, dans cette perspective, mettre en place une chaîne permettant à la naissance constatée dans une formation sanitaire d’être notifiée à l’état civil de manière instantanée et sécurisée, avec une automatisation progressive du processus.
Dans le Tonkpi, cette démarche commence à modifier le travail des sage-femmes. Formées à l’utilisation des outils numériques d’enregistrement des faits d’état civil, elles peuvent désormais transmettre les informations relatives aux naissances aux services compétents.
Sage-femme major au Centre de santé urbain de Grand-Gbapleu (Man), Douahi Hermance explique que cette procédure permet aux parents de recevoir un reçu, tandis que les informations nécessaires à l’établissement de l’extrait de naissance sont transmises aux structures concernées. « Quand ils arrivent à la mairie ou à la sous-préfecture, l’extrait est déjà établi, ils ne font que procéder simplement au retrait », a-t-elle expliqué.
Cette procédure entend réduire les difficultés liées à la conservation des documents de déclaration remis auparavant aux parents et aux déplacements nécessaires pour accomplir les formalités.
Dans le Tonkpi, 39 centres de santé avaient bénéficié, en 2024, d’équipements et d’un logiciel pour l’enregistrement des faits d’état civil, selon le directeur général adjoint de la Santé, Dr Tia Mamadou, représentant le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle. Depuis juin 2026, de nouveaux mécanismes numériques permettent la transmission en temps réel des déclarations de naissance, a-t-il ajouté.
La formation des sages-femmes à ces outils doit progressivement s’étendre à l’ensemble de la région. Des ordinateurs, imprimantes, box internet et terminaux ont également été remis pour renforcer le dispositif.
Pour l’ONECI, la déclaration de naissance permet à l’enfant de disposer d’une identité et de faciliter son accès à l’école, aux services de santé, aux programmes sociaux et aux autres services de l’Etat.
(AIP)
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