Abidjan), 05 nov 2025 (AIP) –Le groupe international “The Elders” (Sages), composé d’anciens chefs d’État et de personnalités engagées pour la paix et la justice, à la veille de l’ouverture de la 30ᵉ Conférence des Parties sur le climat (COP30) à Belém, au Brésil, a appelé les dirigeants mondiaux à faire preuve de courage et d’ambition pour intensifier l’action climatique, tout en défendant le multilatéralisme menacé par les replis nationalistes.
Dans une déclaration rendue publique mercredi 5 novembre 2025, les Elders estiment que cette conférence, marquant le dixième anniversaire de l’Accord de Paris, doit être un tournant dans la lutte contre la crise climatique et naturelle. Selon eux, la COP30 doit permettre d’« agir plus vite, sur tous les fronts », notamment pour réduire les émissions, éliminer progressivement les combustibles fossiles, mettre fin à la déforestation et financer à grande échelle l’adaptation au changement climatique.
Les anciens dirigeants, parmi lesquels Juan Manuel Santos, Mary Robinson, Ellen Johnson Sirleaf et Denis Mukwege, dénoncent le manque de leadership mondial, en particulier le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris et les politiques commerciales jugées contraires à la coopération internationale. Ces comportements, affirment-ils, « contrastent avec les mesures ambitieuses prises par d’autres États, villes et entreprises » et affaiblissent la réponse collective à une menace planétaire sans frontières.
Ces personnalités plaident pour un renforcement du rôle du Brésil, pays hôte de la COP30, afin de faire de Belém « le moment où le monde s’engage à agir plus rapidement », insistant sur la nécessité pour les chefs d’État de s’appuyer sur la science, de résister à la désinformation véhiculée par le lobby des combustibles fossiles, et de rappeler les progrès obtenus grâce à la coopération multilatérale, tels que la création du fonds pour les pertes et dommages adopté à la COP28.
Tout en reconnaissant que le processus des COP « doit être réformé », les Elders affirment qu’il demeure un instrument efficace pour maintenir la mobilisation internationale autour de l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C, tout en encourageant les délégations à défendre une transition énergétique mondiale « juste et inclusive », à consolider le financement climatique promis, estimé à 300 milliards de dollars par an lors de la COP29 à Bakou, et à ne pas céder aux pressions des pays producteurs de pétrole.
Pour les signataires de la déclaration, la révolution énergétique mondiale est déjà en marche. « Les énergies renouvelables ont dépassé le charbon comme première source d’électricité. Ceux qui manqueront cette opportunité seront laissés pour compte », préviennent-ils.
Les Elders rappellent enfin que la majorité de l’opinion publique mondiale réclame une action climatique accrue, citant des sondages selon lesquels huit personnes sur dix souhaitent des mesures plus fortes. « Les dirigeants doivent écouter cette majorité silencieuse et protéger la planète pour les générations futures, avant qu’il ne soit trop tard », conclut le message signé notamment par Graça Machel, Gro Harlem Brundtland, Helen Clark, Zeid Ra’ad Al Hussein, Hina Jilani, Elbegdorj Tsakhia et Ernesto Zedillo.
(AIP)
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