Abidjan, 23 jan 2025 (AIP) – Alors que l’emprise des gangs sur le territoire haïtien ne cesse de croître, alimentée par le trafic de drogue et le blanchiment d’argent, deux responsables des Nations Unies ont salué, mercredi 22 janvier 2025, certaines avancées politiques et sécuritaires récentes.
Les gangs continuent d’étendre leur contrôle sur le territoire haïtien, a déclaré la directrice exécutive de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Ghada Waly, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation dans le pays.
Tout particulièrement actif, le gang Viv Ansanm, s’est récemment emparé de zones clés à l’intérieur et dans les environs de Port-au-Prince, a notemment indiqué Mme Waly.
Selon la directrice exécutive, cette expansion territoriale est le fruit d’une action calculée, en collaboration avec les élites politiques et économiques haïtienne, visant à prendre le contrôle des ressources du pays. De sorte qu’à l’heure actuelle, les gangs se partagent environ 85% de la capitale, a-t-elle précisé, une emprise qui s’appuie sur le trafic d’armes et de drogues, ainsi que la corruption et le blanchiment d’argent.
Selon la responsable de l’ONUDC, les gangs haïtiens ont recours à des tactiques de plus en plus brutales, qui se traduisent par des affrontements meurtriers fréquents avec la population et les forces de l’ordre.
En témoignent le massacre de 115 personnes par le gang Gran Grif, au mois d’octobre dans le département de l’Artibonite, l’exécution de plus de 200 personnes dans le quartier de Wharf Jérémie, à Port-au-Prince, au mois de décembre, ou encore la fermeture de l’aéroport international de la capitale suite à une attaque de gangs contre un avion de ligne, le 11 novembre.
Ces violences récurrentes dans la capitale ont causé le déplacement de près de 41.000 personnes. Dans le même temps, les gangs continuent de se procurer facilement des armes et munitions, en dépit de l’embargo dont elles font l’objet. Aussi, Mme Waly a-t-elle appelé à renforcer les capacités à enregistrer, contrôler et tracer les armes et les munitions en Haïti.
Au cours des dernières décennies, Haïti est devenue une plaque tournante du trafic de drogue, a par ailleurs déclaré la directrice exécutive de l’ONUDC. Selon elle, un petit groupe d’individus composé d’anciens militaires haïtiens, d’agents des forces de l’ordre, de parlementaires et d’hommes d’affaires, a fait main basse sur le trafic de drogue depuis les années 1980. Ces derniers opèrent notamment en Haïti et aux États-Unis et utiliseraient le commerce de l’anguille pour blanchir les revenus de la drogue.
La responsable de l’ONUDC a donc appelé la communauté internationale à coopérer avec Haïti pour démanteler ce réseau profondément enraciné dans le pays.
Dans ce contexte de montée des violences, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour Haïti, María Isabel Salvador, a salué le déploiement, le 18 janvier, de 217 policiers kényans au sein de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), en plus des centaines de policiers déjà présents en provenance du Kenya et de plusieurs autres pays, dont le Guatemala, la Jamaïque, le Belize, les Bahamas et El Salvador.
Ce déploiement vient s’ajouter aux 739 policiers, dont 213 femmes, tout droit sortis de l’Académie nationale de police.
(AIP)
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