Abidjan, 12 juin 2026 (AIP) – La 17e épidémie d’Ebola, déclarée depuis environ quatre semaines dans la province de l’Ituri, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), demeure encore difficile à contrôler, a indiqué, vendredi 12 juin 2026, le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC).
Selon le directeur général de l’institution, Dr Jean Kaseya, la circulation du virus se poursuit avec une extension progressive des zones touchées.
À ce jour, le bilan fait état de 676 cas confirmés et de 136 décès, a-t-il précisé, ajoutant qu’au début de l’épidémie seules trois zones de santé étaient affectées, contre 27 désormais, traduisant une propagation rapide du virus.
Africa CDC relève une dynamique de transmission exponentielle, le nombre de zones de santé touchées ayant doublé en l’espace d’une semaine.
Le principal défi reste, selon Dr Kaseya, le suivi des cas contacts, indispensable pour enrayer la chaîne de contamination. Il a expliqué qu’en contexte de forte densité de population, notamment dans les zones minières, chaque cas confirmé peut générer jusqu’à 40 contacts, ce qui porterait le nombre total potentiel à plus de 20 000 cas contacts dans l’Ituri.
Or, à ce jour, seuls 4 955 contacts ont été identifiés et suivis, a-t-il regretté. Le responsable d’Africa CDC a également évoqué plusieurs obstacles entravant la riposte, notamment la méfiance des communautés, les mouvements de population, l’insécurité dans la région et l’insuffisance des infrastructures sanitaires dans certaines zones reculées.
« Il est difficile de casser la chaîne de transmission si seulement un quart des contacts sont suivis. Tant que nous n’identifions pas et ne suivons pas ces personnes, le risque de propagation reste très élevé », a-t-il averti.
Dr Kaseya a par ailleurs indiqué que la localité de Tchomia, située à environ 50 kilomètres au Sud de Bunia, sur les rives du lac Albert, constitue la zone de santé la plus récemment touchée. Il a toutefois souligné que la situation est sous contrôle en Ouganda, saluant l’efficacité du dispositif de suivi des contacts mis en place dans ce pays voisin.
De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché une alerte sanitaire internationale, estimant que le risque reste très élevé en RDC, élevé au niveau régional et faible au niveau mondial.
Épicentre de l’épidémie, la province de l’Ituri fait face à des contraintes sécuritaires et logistiques importantes, notamment le mauvais état des routes et la présence de groupes armés, qui compliquent les opérations de riposte sanitaire.
(AIP)
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