Abidjan, 18 août 2026 (AIP) – L’Organisation mondiale de la santé (OMS) réunit, mardi 18 août 2026, son comité d’urgence afin d’évaluer l’évolution de l’épidémie d’Ébola en République démocratique du Congo (RDC), où la progression rapide du virus et son extension géographique renforcent les inquiétudes sur le risque de propagation dans la région.
Avec 4 945 cas confirmés et 2 325 décès, cette flambée constitue désormais la plus importante jamais enregistrée en RDC et la deuxième plus meurtrière au monde, après l’épidémie qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.
L’OMS juge désormais le risque de propagation « très élevé » sur le territoire congolais, où six provinces sont touchées. Le niveau de risque est également considéré comme « élevé » en Ouganda et dans d’autres pays voisins, faisant craindre une extension transfrontalière de l’épidémie.
Le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti que la situation restait préoccupante, estimant que l’épidémie était encore « loin d’être maîtrisée ».
La riposte sanitaire se heurte notamment à un contexte marqué par l’insécurité, les déplacements de populations et l’intensité des mouvements le long des principaux axes routiers et fluviaux, ainsi que dans les zones minières. Une équipe engagée dans la lutte contre l’épidémie a d’ailleurs été attaquée lundi à Kandoy, dans le territoire d’Aru, occasionnant un blessé et des dégâts matériels.
Face à l’ampleur de la crise, l’OMS prévoit de renforcer ses capacités opérationnelles avec le déploiement de 100 épidémiologistes supplémentaires. Plus de 500 agents de santé communautaires sont déjà mobilisés dans le cadre de la surveillance et de la détection des cas.
Quelque 400 lits supplémentaires ont également été ajoutés dans les établissements sanitaires au cours des deux dernières semaines afin d’améliorer la prise en charge des malades.
L’organisation entend par ailleurs renforcer son dispositif communautaire en s’appuyant sur les associations de motards, dont le rôle est jugé stratégique dans le transport des patients et des dépouilles, ainsi que dans l’amélioration de la surveillance sanitaire dans les zones difficiles d’accès.
Sur le plan financier, environ 60 % des 115 millions de dollars nécessaires à la riposte ont, à ce stade, été mobilisés, selon l’OMS, qui poursuit ses efforts pour réunir les ressources indispensables au renforcement de la lutte contre l’épidémie.
La réunion du Comité d’urgence devrait ainsi permettre d’apprécier l’évolution de la menace et d’envisager, si nécessaire, de nouvelles mesures pour contenir une épidémie dont l’ampleur et la rapidité de propagation constituent une source croissante de préoccupation pour la région.
(AIP)
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