Abidjan, 02 juil 2026 (AIP) – La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a décrété mercredi 1er juillet 2026, sept jours de deuil national en hommage aux victimes du double séisme qui a frappé la côte nord du pays le 24 juin, faisant 2 295 morts, selon le dernier bilan provisoire.
Depuis mercredi soir, les drapeaux ont été mis en berne et les stations de radio diffusent un message enregistré de la cheffe de l’État par intérim, dans lequel elle s’adresse aux populations sinistrées et promet une réponse rapide des autorités.
Cette décision intervient alors que le gouvernement est vivement critiqué pour la gestion de la catastrophe. Plusieurs observateurs estiment que les opérations de secours et de prise en charge des sinistrés ont été insuffisantes face à l’ampleur des dégâts. La question du relogement demeure particulièrement préoccupante. Malgré l’ouverture de 50 centres d’accueil, les capacités d’hébergement restent largement insuffisantes pour accueillir les quelque 12 000 déplacés. De nombreuses familles continuent ainsi de passer la nuit dans des parcs, sur des ronds-points ou sous des abris de fortune.
Delcy Rodríguez a annoncé la création d’une commission présidentielle chargée d’accélérer la réhabilitation des zones sinistrées et la reconstruction des habitations. Toutefois, selon plusieurs témoignages, certaines localités situées à l’intérieur des terres n’ont toujours pas été atteintes par les équipes de secours, tandis que l’aide humanitaire repose essentiellement sur la solidarité internationale.
« Soit les gens sont partis parce qu’ils ont tout perdu, soit ils restent chez eux mais n’ont pas accès à l’eau et pas d’installation sanitaire. La situation sanitaire est très précaire », raconte Véronique Durroux, membre de l’équipe des Nations unies d’évaluation et la coordination en cas de catastrophe, déployée au Venezuela.
Les États-Unis ont également renforcé leur assistance. « L’armée américaine a environ 2 000 personnes sur le terrain, dans les airs et en mer autour du Venezuela. Elles travaillent d’arrache-pied chaque jour pour participer aux recherches, aux sauvetages, et contribuent aux efforts de reconstruction et d’acheminement les ressources nécessaires », a déclaré le général Francis Donovan, à la tête du commandement américain pour l’Amérique du Sud. Washington a, par ailleurs, annoncé une aide de 300 millions de dollars destinée aux organisations non gouvernementales et aux agences des Nations unies.
Les deux secousses, de magnitudes 7,2 et 7,5, ont également fait plus de 11 000 blessés, tandis que des dizaines de milliers de personnes sont toujours portées disparues. Selon une analyse de la NASA fondée sur des images satellitaires, environ 58 870 bâtiments ont été endommagés ou détruits.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’inquiète, pour sa part, des risques d’épidémies et déplore des systèmes « inadéquats de suivi des disparus et d’enregistrement des victimes ». Les perturbations des services de santé, des réseaux d’eau potable et d’assainissement, combinées aux déplacements massifs de populations, pourraient favoriser des flambées « de maladies évitables par la vaccination comme la rougeole, la diphtérie et la coqueluche », a averti le porte-parole de l’OMS, Christian Lindmeier.
(AIP)
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