Abidjan, 22 juin 2026 (AIP)- Le Réseau francophone des régulateurs des médias (REFRAM) et le Réseau des instances africaines de régulation de la communication (RIARC) ont adopté, à l’occasion de la Conférence internationale Abidjan 2, tenu lundi 1 er juin 2026, à Abidjan-Plateau, un cadre commun visant à encadrer le développement de l’Intelligence artificielle (IA) dans le secteur audiovisuel et numérique.
Selon la note d’information transmise à l’AIP, face à la transformation rapide du paysage audiovisuel mondial induite par l’IA, ce cadre se présente comme un outil d’accompagnement destiné aux États et aux instances de régulation. Il vise à définir les bases d’un encadrement stratégique de l’IA, tant pour la production de contenus que pour la gestion des plateformes numériques.
L’initiative repose sur la volonté de trouver un équilibre entre l’encouragement de l’innovation technologique et la protection des libertés fondamentales, du pluralisme de l’information ainsi que des droits des citoyens. Elle s’appuie sur le principe selon lequel le progrès technique ne doit pas se faire au détriment des garanties démocratiques et éthiques.
Le cadre commun engage les régulateurs autour de plusieurs priorités, notamment la transparence des contenus générés ou modifiés par des algorithmes, la lutte contre la désinformation et les deepfakes, la protection des données personnelles ainsi que la défense des droits des utilisateurs face aux géants du numérique. Il prévoit également la préservation de la rémunération équitable et de la propriété intellectuelle des créateurs.
Le texte met, par ailleurs, l’accent sur la souveraineté numérique culturelle, entendue comme la protection de la diversité des langues, des récits et des patrimoines face aux risques d’uniformisation culturelle liés aux grands modèles de langage.
Dans le domaine de la régulation de l’IA dans l’espace public, le cadre fixe plusieurs exigences éthiques, notamment le fait que les algorithmes ne doivent pas dicter le traitement de l’information, que les choix éditoriaux doivent rester sous la responsabilité de professionnels formés, que le public doit conserver le contrôle de sa consommation de contenus, et que les systèmes d’IA ne doivent pas reproduire ou amplifier des discriminations.
Le document introduit également des règles renforcées pour la protection de la création intellectuelle et artistique, en consacrant le droit des créateurs à être informés et à consentir à l’utilisation de leurs œuvres, ainsi qu’à bénéficier d’une rémunération équitable. Il renforce aussi la protection des données biométriques, notamment la voix, le visage et l’image.
Pour lutter contre les deepfakes et le clonage numérique, le cadre impose des obligations de transparence strictes. Tout contenu généré ou modifié de manière substantielle par l’IA devra être clairement étiqueté pour le public. Les plateformes numériques devront aussi mettre en place des outils de détection et de signalement des tentatives de manipulation de l’opinion.
À travers ce cadre commun, le REFRAM et le RIARC posent les bases d’une régulation des systèmes d’IA dans le secteur de la communication audiovisuelle et numérique, et proposent aux États membres une feuille de route pour moderniser leurs législations nationales, avec pour ambition de mettre l’IA au service du progrès social et du développement des contenus audiovisuels.
(AIP)
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