Abidjan, 08 oct 2026 (AIP)- Le ministre délégué chargé des Productions vivrières, Bernard Kini Comoé, a exprimé jeudi 8 octobre 2026 à Grand-Bassam, l’ambition du gouvernement de bâtir un système de recherche agricole davantage orienté vers les besoins des filières, à l’ouverture d’un atelier de réflexion sur la propriété intellectuelle dans le cadre de la recherche agricole et de la génération des innovations.
« Notre ambition est de bâtir, d’une part, un système dans lequel la recherche répond davantage aux besoins des filières », a déclaré M. Kini Comoé, représentant le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions agricoles, Bruno Nabagné Koné.
Selon lui, cette ambition passe notamment par une définition plus claire des droits et responsabilités, l’identification suffisamment tôt des innovations susceptibles d’être protégées et l’organisation des mécanismes de transfert. Il a estimé que cette démarche permettra aux entreprises de disposer de conditions plus sûres pour exploiter les résultats de la recherche et aux producteurs de bénéficier plus rapidement des progrès scientifiques.
Le ministre a souligné que la recherche agricole constitue un secteur stratégique, au regard de l’importance des nouvelles variétés, des techniques de production, de la mécanisation, des outils numériques, des innovations dans la transformation et la conservation, ainsi que des solutions face au changement climatique.
Il a toutefois relevé qu’une recherche dont les résultats n’atteignent ni les producteurs ni les entreprises « n’accomplit qu’une partie de sa mission », appelant ainsi à faire en sorte que « la connaissance produite devienne une solution utilisée ».
Dans cette perspective, il a insisté sur la nécessité de renforcer le lien entre la recherche, les filières agricoles et les secteurs productifs, tout en clarifiant les responsabilités et les droits des différents acteurs. La propriété intellectuelle doit, selon lui, contribuer à sécuriser les relations entre chercheurs, institutions, investisseurs et entreprises et à favoriser la valorisation des innovations.
L’atelier organisé par le Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA) vise précisément à renforcer la compréhension commune des enjeux et des mécanismes de gestion, de protection, de transfert, d’exploitation et de valorisation des résultats issus de la recherche et de l’innovation à travers le partage d’expériences nationales et internationales.
Pendant deux jours, les participants doivent notamment examiner le cadre juridique et institutionnel de la propriété intellectuelle, les pratiques des institutions ivoiriennes de recherche et d’enseignement supérieur, ainsi que l’expérience du Bioeconomy Science Institute de Nouvelle-Zélande en matière de passage de la recherche au marché, de licences et de partenariats avec le secteur privé.
Pour le directeur exécutif du FIRCA, Oumar N’Diaye, la rencontre répond à une préoccupation née de l’expérience de son institution, qui a financé plus de 400 projets de recherche depuis 2004 et s’est retrouvée confrontée à la gestion de la propriété intellectuelle des résultats issus de certains projets.
Il a expliqué que l’objectif n’est pas d’arrêter en deux jours une disposition définitive applicable à l’ensemble de la recherche agricole ivoirienne, mais de « co-construire une compréhension commune », confronter les pratiques, tirer les enseignements des expériences éprouvées et identifier les prochaines étapes du chantier.
La représentante de la Banque mondiale, Dr Mélanie Ahoba, a, pour sa part, relevé que la qualité de la recherche ne garantit pas à elle seule son impact. Elle a appelé au renforcement des mécanismes de protection, de transfert, de commercialisation et de diffusion des innovations afin qu’elles atteignent effectivement les producteurs.
Les travaux doivent ainsi déboucher sur une meilleure connaissance des pratiques actuelles en matière de gestion des droits de propriété intellectuelle, le partage des expériences ivoiriennes et internationales et la formulation d’orientations préliminaires pour la suite de la réflexion.
(AIP)
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