Bongouanou, 12 juil 2026 (AIP) – Les 72 associations membres de la Fédération des associations de femmes de Bongouanou (FAFEBO) ont pris l’engagement de lutter contre l’excision et de dénoncer toute tentative de mutilation génitale féminine dans le département.
Elles ont exprimé leur opposition catégorique à cette pratique, samedi 11 juillet 2026, à travers une manifestation suivie de la lecture d’une déclaration à la préfecture de Bongouanou, à l’occasion de la présentation officielle de la Fédération.
Dans leur déclaration, les femmes ont affirmé que l’excision de cinq fillettes, récemment survenue à Bongouanou, ne constituait pas « un simple fait divers », mais une blessure infligée à toute la communauté et une interpellation collective sur la nécessité de protéger les enfants.
« Nous avons choisi le silence pour honorer les victimes. Nous choisissons aujourd’hui la parole pour protéger toutes les autres », ont-elles déclaré, avant d’appeler Bongouanou à devenir un territoire de tolérance zéro contre les mutilations génitales féminines.
Les membres de la FAFEBO ont condamné le silence qui protège les auteurs et les complices, les pressions sociales favorisant la perpétuation de l’excision ainsi que les traditions mettant en danger la santé, la dignité et la vie des filles.
Elles se sont engagées à sensibiliser les familles et les communautés, à dénoncer toute tentative d’excision et à accompagner les survivantes avec dignité et solidarité.
Les femmes ont également promis de collaborer avec les autorités administratives, judiciaires, sécuritaires et sanitaires, les chefs traditionnels, les guides religieux, les professionnels de l’éducation et de la santé ainsi que les organisations de la société civile.
Elles ont appelé les mères à protéger leurs filles, les pères à les défendre, les grand-mères à devenir les gardiennes de traditions respectueuses de la vie et les jeunes à se constituer en ambassadeurs d’une génération débarrassée des violences faites aux femmes et aux filles.
La FAFEBO a demandé que toute tentative de mutilation génitale féminine fasse l’objet d’une réponse rapide, coordonnée et appropriée, et que la loi soit appliquée avec fermeté contre les auteurs et leurs complices.
Elle a également plaidé pour une prise en charge médicale, psychosociale, judiciaire et économique des survivantes, afin de leur permettre de retrouver pleinement leur dignité.
La cérémonie s’est déroulée en présence du corps préfectoral, du directeur régional de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Ba-Bi Doually, et de la marraine de la FAFEBO, Anne-Marie Ahoua.
Ont également pris part à cette activité la juge des tutelles du Tribunal de première instance de Bongouanou, un représentant de la présidente du Conseil régional du Moronou, le premier adjoint au maire représentant le député-maire de Bongouanou, Assougba Jacob, ainsi qu’une représentante du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP).
La FAFEBO entend porter la lutte contre l’excision dans les foyers, les villages, les écoles, les marchés, les lieux de culte et tous les espaces de vie communautaire. « Plus jamais une fille mutilée à Bongouanou, plus jamais une fille sacrifiée au nom de la tradition », ont proclamé les femmes dans leur déclaration.
(AIP)
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