Yamoussoukro, 30 juil 2025 (AIP) – Un atelier a débuté le mercredi 30 juillet 2025 à Yamoussoukro, avec pour objectif de clarifier les rôles et responsabilités des acteurs communautaires impliqués dans la santé maternelle et infantile, et d’élaborer une feuille de route opérationnelle pour chacun d’eux.
Cet atelier regroupe les agents de santé communautaire (ASC), les matrones, les écoles de maris, les comités de veille, ainsi que les coordonnateurs et superviseurs de district. Il intervient dans le cadre du projet « Deux Heures pour la Vie », mis en œuvre par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) avec l’appui financier du laboratoire japonais TAKEDA, et vise à réduire la mortalité maternelle et néonatale en garantissant l’accès aux soins obstétricaux et néonatals d’urgence (SONU) en moins de deux heures.
Selon la responsable du programme santé maternelle à l’UNFPA, Kofi Adjoua Isabelle, cet atelier répond à une nécessité urgente. « Les retards dans la prise de décision au sein des communautés sont la première cause des décès maternels. Il est temps d’impliquer la communauté dans la réponse rapide. Cet atelier va permettre à chaque acteur de comprendre son rôle spécifique afin de mieux coordonner leurs actions. »
En Côte d’Ivoire, malgré les progrès réalisés, le taux de mortalité maternelle reste préoccupant avec 385 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2021, contre 612 en 2016. L’Organisation mondiale de la santé recommande de réduire ce chiffre à 140 d’ici 2030.
La directrice-coordonnatrice du Programme national santé mère-enfant, Dr Bamba Fatoumata, a rappelé les efforts du gouvernement pour combler les « trois retards » (prise de décision, accès aux soins, prise en charge au centre de santé), notamment à travers la construction de blocs obstétricaux dans les centres de santé urbains, et le déploiement de matériel médical de pointe. Elle a salué les résultats obtenus dans la région du Gbêkê, où la mortalité maternelle a déjà fortement baissé grâce à des initiatives communautaires ciblées.
Pour la directrice de la santé communautaire, Dr Kadja Adjoba Françoise, cet atelier est une étape essentielle pour opérationnaliser les rôles définis dans les textes normatifs. « Sur le terrain, il y a encore des confusions. Cet atelier permet de clarifier concrètement les responsabilités de chacun et de renforcer l’impact des interventions », a-t-elle précisé.
La région du Gbêkê (Ando-Kékrenou, Afotobo, Bodokro, Ayaou-Sokpa et Souafoué-Dhanhan) a été choisie comme zone pilote du projet « Deux Heures pour la Vie ». Des centaines d’acteurs ont déjà été formés, mais les chevauchements de rôles et le manque de coordination identifiés en 2023-2024 ont justifié la tenue de cet atelier.
À travers cette initiative, les autorités sanitaires entendent renforcer la contribution communautaire à la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale, en assurant une mobilisation efficace et coordonnée des ressources humaines locales, véritable levier pour l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD).
(AIP)
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