Abidjan, 14 juil 2026 (AIP) – L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti, mardi 14 juil 2026, que l’épidémie d’Ebola qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) pourrait être largement sous-évaluée, le nombre réel de personnes infectées étant susceptible d’être deux à quatre fois supérieur aux données officielles.
Selon l’agence onusienne, bien que les capacités de dépistage et de surveillance se soient améliorées au cours des dernières semaines, la propagation du virus demeure plus rapide que les efforts déployés pour le contenir. L’OMS estime que de nombreux malades échappent encore au système de santé et sont identifiés seulement après leur décès, compliquant la recherche des personnes contacts et le contrôle de la transmission.
Déclarée le 15 mai dans la province de l’Ituri, l’épidémie s’est progressivement étendue aux provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de la Tshopo et du Haut-Uélé. Des cas ont également été recensés en Ouganda voisin, renforçant les inquiétudes quant au risque de propagation transfrontalière.
L’OMS qualifie cette flambée de l’une des plus importantes et des plus rapides jamais enregistrées en République démocratique du Congo depuis l’apparition du virus dans le pays en 1976. L’organisation appelle à un renforcement de la détection précoce des cas, du suivi des personnes exposées et de la confiance des populations envers les structures sanitaires.
Malgré les difficultés, des progrès sont observés dans la riposte. Les autorités sanitaires et leurs partenaires ont augmenté le nombre de centres de traitement, renforcé les capacités des laboratoires et amélioré le suivi des cas contacts. Des essais cliniques portant sur de nouveaux traitements ainsi qu’une stratégie de prophylaxie post-exposition sont également en préparation.
La réponse à l’épidémie est toutefois fragilisée par le mécontentement du personnel de santé. Dans plusieurs centres de traitement de l’Ituri, des médecins et infirmiers dénoncent le retard dans le paiement de leurs salaires et de leurs primes de risque. Certains ont menacé de suspendre leurs activités, estimant travailler depuis le début de la crise dans des conditions particulièrement difficiles.
Le gouvernement congolais a reconnu ces retards administratifs et assuré que des mesures étaient engagées pour régulariser les paiements. Les partenaires internationaux poursuivent, de leur côté, leur appui financier, logistique et technique afin de renforcer les capacités de réponse face à cette épidémie provoquée par le virus Ebola Bundibugyo, contre lequel aucun vaccin homologué n’est encore disponible.
Face à l’évolution de la situation, l’OMS appelle à une mobilisation accrue des autorités nationales, des partenaires internationaux et des communautés locales afin de freiner la propagation du virus et de limiter le nombre de victimes.
(AIP)
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