Abidjan, 1er oct 2026 (AIP) – Le rapport national sur les engagements de la Côte d’Ivoire en faveur de l’élimination des violences faites aux enfants a été présenté, mercredi 30 septembre 2026 à Abidjan, à la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré, en prélude à la deuxième Conférence ministérielle mondiale sur l’élimination de la violence à l’égard des enfants, prévue les 17 et 18 novembre à Manille, aux Philippines.
Le document a été présenté au terme d’une session de validation technique organisée par la direction de la Protection de l’enfant (DPE), à l’hôtel Mövenpick Abidjan, avec l’appui technique et financier de l’UNICEF.
Selon le consultant national, le Dr Édouard Talnan, le rapport compile les résultats des consultations menées auprès des principaux acteurs de la protection de l’enfant, notamment des représentants de plusieurs départements ministériels et des organisations de la société civile.
Ces consultations ont permis d’évaluer la mise en œuvre des engagements pris par la Côte d’Ivoire lors de la première Conférence ministérielle mondiale sur l’élimination de la violence à l’encontre des enfants, tenue à Bogotá en 2024.
La Côte d’Ivoire s’était notamment engagée à rendre l’environnement scolaire plus sûr, à améliorer les services d’intervention et d’accompagnement des enfants victimes de violences, à renforcer la participation des enfants et des communautés, à consolider les ressources humaines et financières et à améliorer la collecte des données ainsi que le suivi-évaluation.
La revue nationale fait état d’avancées, mais relève également des difficultés persistantes, notamment les disparités territoriales dans l’accès aux services de protection, le recours aux punitions physiques et humiliantes, les violences en ligne, l’insuffisance des infrastructures et du personnel spécialisé, ainsi que la fragmentation des données.
À partir de ces constats, de nouveaux engagements ont été proposés. Ils portent notamment sur le renforcement de la sécurité dans les établissements scolaires, l’amélioration des mécanismes de signalement, la lutte contre les violences liées au numérique, l’accompagnement des familles et la participation des enfants aux décisions qui les concernent.
Le rapport prévoit également un renforcement des ressources consacrées à la protection de l’enfant et la mise en place d’un système national intégré de collecte des données, avec notamment la création, à partir de 2027, d’une base de données nationale sur les violences faites aux enfants.
Recevant le rapport, Mme Nassénéba Touré a déclaré qu’il était le fruit de « l’expertise de nos institutions, de l’expérience de nos communautés et plus encore de la prise en compte des attentes et des aspirations des enfants de Côte d’Ivoire ».
La ministre a annoncé qu’elle soumettra le rapport et les nouveaux engagements proposés au gouvernement, afin que la position ivoirienne à la conférence de Manille soit portée au niveau de l’État. Elle a précisé que chaque engagement retenu devra être assorti d’un responsable, d’une échéance, d’indicateurs mesurables et des ressources nécessaires.
Pour Mme Touré, la protection de l’enfant repose sur « une véritable chaîne de responsabilités » impliquant l’État, les collectivités territoriales, les communautés, les partenaires techniques et financiers et les enfants eux-mêmes.
Le représentant-résident de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, Jean-François Basse, a salué les progrès réalisés dans le renforcement du système national de protection de l’enfant et réaffirmé l’accompagnement de son organisation.
La Côte d’Ivoire présentera à Manille les résultats de cette revue nationale ainsi que les nouveaux engagements proposés pour renforcer la prévention et la lutte contre les violences faites aux enfants.
(AIP)
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