Abidjan, 03 déc 2025 (AIP) – Le premier Salon du gingembre et du curcuma s’est ouvert mercredi au siège du FIRCA, à Abidjan Cocody, réunissant autorités, producteurs, transformateurs et partenaires techniques autour de l’ambition commune de structurer et de dynamiser une filière en pleine expansion, appelée à devenir un levier majeur de compétitivité et de développement durable pour l’agriculture ivoirienne.
Initiée par le FIRCA en collaboration avec l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) Gingembre, cette édition porte sur le thème « Filière Gingembre de Côte d’Ivoire : une filière en plein essor, source de partenariats gagnant-gagnant et d’investissements durables ».
Représentant le directeur exécutif du FIRCA, Mme Traoré Assita, directrice exécutive adjointe, a salué l’organisation de ce premier salon dédié au gingembre et au curcuma, deux cultures à fort potentiel pour l’économie agricole ivoirienne. Elle a rappelé que la Côte d’Ivoire a produit près de 7000 tonnes de gingembre en 2023, se positionnant ainsi parmi les principaux producteurs d’Afrique de l’Ouest.
« Le gingembre est aujourd’hui reconnu comme une culture stratégique pour notre pays, tant pour sa contribution économique que pour son potentiel d’exportation », a indiqué Mme Traoré, soulignant l’intérêt mondial croissant pour cette racine utilisée en cuisine, en médecine, dans les industries agroalimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques. Le curcuma, encore peu exploité, offre également « des perspectives prometteuses pour la diversification agricole ».
Depuis 2016, le FIRCA accompagne la filière gingembre à travers la recherche appliquée, la professionnalisation des acteurs et le soutien aux organisations de producteurs. L’appui du ministère de l’Agriculture a aussi permis la mise en place de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) Gingembre en 2023. Toutefois, des défis demeurent, notamment « la structuration complète de la chaîne de valeur, la valorisation des produits dérivés et l’accès au financement », a insisté Mme Traoré.
Une filière désormais structurée
Le président de l’OIA Gingembre, Kouamé Koffi, a pour sa part exprimé sa gratitude au ministère de l’Agriculture et au FIRCA pour leur soutien dans l’organisation de la filière. Il a souligné que ce salon constitue une opportunité unique d’échanger sur les défis, d’identifier des solutions concrètes et de bâtir des partenariats durables. « Ensemble, nous serons plus forts. Ensemble, nous hisserons la filière au plus haut niveau », a-t-il déclaré.
Un potentiel agricole et industriel majeur
Représentant le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Tiégnon Clément a rappelé que le gingembre est désormais considéré comme une culture stratégique, porteuse d’emplois et de valeur ajoutée. Il a mis en avant ses usages dans l’alimentation, la médecine traditionnelle et moderne, les boissons, les compléments nutritionnels et l’industrie du bien-être. Le curcuma, dont le potentiel reste sous-exploité, pourrait également dynamiser l’économie agricole.
Le ministère a ainsi appuyé la mise en place de l’OIA Gingembre en 2023 pour renforcer la gouvernance sectorielle, organiser les acteurs et favoriser l’accès aux services. « Ensemble, nous pouvons bâtir une filière moderne, compétitive et durable », a affirmé le représentant du ministre, avant de déclarer ouverte la première édition du salon.
Présentation du plan de développement de la filière
Les travaux ont été marqués par la présentation du Plan de développement de la filière gingembre par Kouassi Kra Justin, trésorier général de l’OIA.
Selon lui, le marché mondial du gingembre représentait plus de 4 milliards de dollars US en 2024, dominé par la Chine, les Pays-Bas, le Brésil et l’Inde. En Afrique, les principaux producteurs sont le Nigeria, le Cameroun, le Mali, l’Éthiopie et la Côte d’Ivoire.
Le pays compte 1 270 producteurs, dont seulement 20 % sont membres d’une organisation, un faible taux d’adhésion qui pose un défi de structuration. Le kilogramme de gingembre se vend entre 350 et 1 500 FCFA, selon la saison et la variété (jaune, blanc ou beige).
Parmi les projets prioritaires de l’OIA figurent la création de centres régionaux de formation, la mise en place d’un label « Gingembre Côte d’Ivoire », la promotion de la transformation locale et le renforcement de la compétitivité sur les marchés régionaux et internationaux.
« Le plan stratégique trace une voie claire pour un secteur organisé, compétitif et durable, au service des producteurs, des consommateurs et de l’économie nationale », a conclu Kouassi Kra.
Expositions et dégustations
Le salon a également été marqué par un panel sur « Gingembre ivoirien : une filière d’avenir à fort potentiel », une visite des stands, des expositions et des dégustations de produits dérivés à base de gingembre et de curcuma, ainsi qu’un réseautage entre acteurs de la chaîne de valeur.
(AIP)
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