Abidjan, 02 fev 2026 (AIP)- Israël a annoncé dimanche 1er février 2026 la suspension des activités de Médecins sans frontières (MSF) dans la bande de Gaza, sommant l’organisation humanitaire de quitter l’enclave palestinienne d’ici au 28 février.
La décision a été communiquée par le ministère israélien de la Diaspora, chargé de l’enregistrement des ONG opérant dans la région
Une publication de l’Agence de presse turque Anadolu lundi 02 février 2026 a indiqué que cette mesure intervient alors que la bande de Gaza traverse une crise humanitaire d’une ampleur sans précédent, après plus de 16 mois de conflit entre Israël et le Hamas.
Selon les autorités israéliennes, MSF aurait refusé de se conformer à une obligation administrative consistant à transmettre la liste complète de ses employés palestiniens. Le ministère affirme que cette exigence s’applique à l’ensemble des organisations humanitaires présentes sur le territoire. En décembre, Israël avait déjà menacé d’interdire les activités de 37 ONG n’ayant pas répondu à cette demande à compter du 1er mars.
Le ministère israélien soutient que MSF s’était engagé début janvier à fournir ces informations avant de revenir sur sa décision. « Malgré son engagement public, l’organisation s’est abstenue de transmettre les données requises », a indiqué le ministère, accusant l’ONG de se soustraire au processus d’enregistrement obligatoire.
Les autorités ont également affirmé que deux employés de MSF entretiendraient des liens avec le Hamas, des accusations fermement rejetées par l’organisation humanitaire.
Dans un communiqué publié vendredi, Médecins sans frontières a confirmé avoir accepté, à titre « exceptionnel », de fournir une liste partielle de membres de son personnel palestinien et international, sous réserve d’obtenir « des engagements clairs concernant leur sécurité ». L’ONG affirme toutefois n’avoir reçu aucune garantie jugée suffisante.
« Malgré des efforts répétés, il est devenu évident ces derniers jours qu’aucun dialogue avec les autorités israéliennes n’était possible pour obtenir les garanties nécessaires », a déclaré MSF, expliquant avoir renoncé à transmettre la liste complète de son personnel. L’organisation estime que la divulgation de ces informations exposerait ses employés à de graves risques dans un contexte de conflit armé.
La décision israélienne suscite de vives inquiétudes quant à l’accès à l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, où les besoins médicaux demeurent considérables. MSF joue un rôle central dans la prise en charge des blessés et des civils affectés par les hostilités.
Selon les Nations Unies, plus de 70 000 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre, la majorité étant des femmes et des enfants.
Malgré un cessez-le-feu conclu en octobre 2025, plusieurs organisations internationales dénoncent des violations répétées de l’accord par l’armée israélienne et une aggravation continue de la situation humanitaire, alimentant les critiques sur le maintien de relations économiques normales entre l’Union européenne et Israël.
(AIP)
sdaf/zaar

