Abidjan, 08 août 2025 (AIP) – Les États-Unis ont doublé le jeudi 7 août 2025, la récompense offerte pour toute information conduisant à l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro, désormais fixée à 50 millions de dollars contre 25 millions précédemment.
Le dirigeant socialiste, au pouvoir depuis 2013, est inculpé par la justice américaine pour trafic de drogue et corruption. « Aujourd’hui, le ministère de la Justice et le département d’État annoncent une récompense de 50 millions de dollars pour toute information menant à l’interpellation de Nicolas Maduro », a déclaré sur le réseau X (ex-Twitter), la ministre américaine de la Justice, Pam Bondi.
Le gouvernement vénézuélien a rapidement dénoncé cette initiative, qualifiée de « pathétique » par le ministre des Affaires étrangères Yvan Gil. « Nous rejetons cette grossière opération de propagande politique », a-t-il affirmé dans un communiqué, accusant Washington de vouloir instrumentaliser la justice à des fins électorales.
« Pendant que nous démantelons des complots terroristes orchestrés depuis leur territoire, cette dame organise un cirque médiatique pour plaire à l’extrême droite vaincue du Venezuela », a-t-il ajouté.
Les tensions entre les deux pays ne sont pas nouvelles. En janvier, à la veille de la passation de pouvoir entre Joe Biden et Donald Trump, les États-Unis avaient déjà qualifié de « simulacre » la réélection de Maduro à un troisième mandat. Washington continue de contester la légitimité du scrutin présidentiel de 2024, estimant que le dirigeant vénézuélien a « clairement perdu » l’élection.
Le nouveau chef de la diplomatie américaine, le républicain Marco Rubio, a repris jeudi ces accusations. « Depuis 2020, Maduro a étranglé la démocratie et s’est accroché au pouvoir », a-t-il affirmé.
Nicolas Maduro fait l’objet d’une inculpation depuis mars 2020 par la justice fédérale américaine. Il est soupçonné d’avoir dirigé un cartel ayant expédié des centaines de tonnes de cocaïne vers les États-Unis, en collaboration avec les FARC colombiennes, le Tren de Aragua, puissant gang criminel vénézuélien, et le cartel mexicain de Sinaloa. Washington accuse également son ministre de l’Intérieur de complicité dans ces activités. La récompense couvre toute information menant à l’arrestation des deux hommes.
Parallèlement à cette annonce, le président Donald Trump, revenu à la Maison Blanche en janvier, a intensifié les sanctions contre Caracas. Un durcissement de l’embargo pétrolier est en cours, avec des menaces de droits de douane supplémentaires contre les pays achetant du pétrole vénézuélien.
Le gouvernement vénézuélien accuse depuis plusieurs années Washington de mener une politique de déstabilisation. Jeudi, les autorités ont affirmé avoir déjoué un attentat à la bombe à Caracas, en pointant du doigt l’opposition et les États-Unis comme instigateurs.
(AIP)
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