Bongouanou, 12 août 2025 (AIP) –Le temps a semblé suspendre son cours, samedi 9 août 2025 dans le village d’Assaoufoué, où sous les regards curieux et attendris des anciens, les voix claires des jeunes filles se sont élevées en chœur, rythmant les pas mesurés d’un cercle vivant.
Elles rejouaient « Souamla », un jeu traditionnel Agni Morofwè, fleuron des années 1950 et 1960, remis au goût du jour lors de la deuxième édition de la semaine culturelle « Yê daha n’gwa ». Transmis de génération en génération, « Souamla » n’est pas qu’un divertissement, mais un exercice d’adresse mentale et de cohésion. Réservé aux jeunes filles, ce jeu exige concentration et vivacité d’esprit. Pagnes noués à la taille, les joueuses se déplacent à la queue-leu-leu en entonnant des chants.
À la fin de chaque mélodie, elles échangent leurs pagnes, avant de reprendre le chant. Le défi, c’est de récupérer son pagne d’origine à force de mémoire et d’attention. Celles qui se laissent surprendre sont éliminées, laissant les plus habiles poursuivre la partie.
Pour les organisateurs, la démonstration n’avait rien d’anodin. Elle incarnait la volonté de préserver un pan précieux de l’héritage Agni Morofwè, en rappelant aux plus jeunes que la culture vit aussi dans les rires, les chants et les jeux. Selon les témoignages d’une ancienne, émue de revoir ces scènes qui animaient jadis les clairières du village, « Souamla, c’est leur histoire, c’est leur enfance ».
Au-delà du plaisir ludique, la redécouverte de « Souamla » traduit un message dans un monde en mutation que la mémoire collective reste un ancrage essentiel pour l’identité culturelle des communautés.
(AIP)
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