Yamoussoukro, 29 août 2025 (AIP) – Des jeunes, des femmes et plusieurs acteurs de la société civile ont pris part jeudi 28 août 2025, à Yamoussoukro, à un forum public de consultations citoyennes initié par le Forum de la société civile d’Afrique de l’Ouest section Côte d’Ivoire (FOSCAO-CI), en vue de favoriser des élections apaisées et inclusives.
Conçu comme un espace de dialogue, ce cadre a permis aux participants d’échanger sur leurs préoccupations, de proposer des solutions et de réfléchir sur des mécanismes pour une participation active et non violente des citoyens, notamment des jeunes et des femmes, à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025.
« Après tout ce que nous avons connu, il est important de travailler en amont afin que les jeunes prennent conscience de l’intérêt de participer activement, mais pacifiquement, aux échéances électorales », a indiqué le coordonnateur des projets programmes au sein de FOSCA Côte d’Ivoire, Kouadio Konan , rappelant l’existence de voies de recours légales pour exprimer toute contestation.
À l’issue des échanges, des recommandations seront formulées en vue de l’élaboration d’un document-cadre d’éducation civique et de sensibilisation. Ce référentiel sera mis à la disposition de tous les acteurs concernés afin que chacun prenne en compte les attentes exprimées par les populations.
Ces consultations citoyennes ne se limitent pas à Yamoussoukro. Des sessions similaires se tiennent également à Abidjan (commune d’Abobo) et à Daloa, localités identifiées comme sensibles en raison de la cohabitation entre partisans du pouvoir et de l’opposition. Elles s’accompagnent de focus groups thématiques réunissant jeunes, femmes, leaders communautaires et chefferies traditionnelles.
Le FOSCAO-CI rappelle que cette démarche s’inscrit dans le cadre du projet d’« appui au renforcement de la participation citoyenne, inclusive et apaisée des jeunes et des femmes à l’élection présidentielle de 2025 en Côte d’Ivoire ». L’objectif est de prévenir les violences électorales en encourageant un engagement responsable et pacifique des citoyens.
Ce projet trouve sa justification dans les violences qui ont marqué le précédent cycle électoral (2020-2023), caractérisé notamment par l’appel au boycott du scrutin présidentiel par l’opposition, ayant entraîné affrontements, pertes en vies humaines, destructions de biens et exils politiques. Les jeunes, particulièrement mobilisés dans ces épisodes, ont payé un lourd tribut à ces crises.
Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), les jeunes représentent 75,6 % de la population, mais leur taux de participation électorale reste faible. Quant aux femmes, elles demeurent confrontées à des obstacles spécifiques liés aux violences et intimidations.
« Nous n’avons pas de craintes particulières. L’essentiel est de travailler et de dialoguer. Le processus électoral est un cycle qui ne se limite pas à la présidentielle, mais se poursuit avec les législatives et les élections locales », a souligné Kouadio Konan, invitant à maintenir les canaux de discussion ouverts pour éviter les frustrations.
Les conclusions des consultations publiques et des focus groups aboutiront à la production d’un document-cadre national qui servira de référence aux acteurs de la société civile, aux autorités et aux partenaires pour les prochaines actions de sensibilisation et d’éducation civique.
(AIP)
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