Abidjan, 23 fév 2026 (AIP) -À l’occasion du mois de Ramadan, présenté comme bien plus qu’une simple abstinence alimentaire, l’imam de la mosquée Mory Doumbia de Yopougon Selmer, Sanogo Dramane, a souligné que ce temps sacré constitue un véritable levier de transformation intérieure, invitant les fidèles à renforcer leur foi, leur discipline et leur maîtrise de soi à travers le silence, la prière et la méditation.
L’imam Sanogo a fait cette déclaration, lors d’un entretien avec l’AIP autour du thème : « Silence, prière et maîtrise de soi : le jeûne comme école de discipline spirituelle. Comment le jeûne façonne le caractère et la vie intérieure des croyants ».
Le jeûne, un acte de foi avant tout
Pour l’imam Sanogo, le jeûne repose d’abord sur la sincérité et la crainte de Dieu. « Le jeûne est une école. Si tu n’as pas la foi et la crainte de Dieu, tu ne peux pas véritablement jeûner », a-t-il affirmé, expliquant que l’acte relève d’un engagement intérieur que seul Dieu peut juger.
S’appuyant sur les enseignements du Prophète Mohammed (bénédiction et salut soient sur lui et les versets du Coran, il a rappelé que le jeûne vise à développer la piété. « Dieu dit : la allakoum tattaqoun (afin que vous atteigniez la crainte de Dieu).
Le jeûne nous est donné pour augmenter notre foi », a-t-il souligné, précisant que la foi « se trouve dans le cœur et non dans la bouche ».
Selon lui, le jeûneur doit éviter toute ostentation. « Le jeûne est prescrit pour soi-même. Dans un hadith (récit rapportant les paroles, les actes, les approbations ou les comportements du Prophète Mohammed), Dieu dit que c’est Lui-même qui récompense le jeûneur », a-t-il ajouté.
Une pratique indissociable de la prière
Le guide religieux a insisté sur le lien étroit entre le jeûne et la prière, rappelant que l’islam repose sur cinq piliers, dont la profession de foi, la prière, l’aumône obligatoire, le jeûne du Ramadan et le pèlerinage.
« On ne peut pas jeûner sans prier. Pendant le Ramadan, la prière, le silence et la méditation permettent au croyant de se recentrer et de purifier son âme », a-t-il indiqué.
Il a également évoqué les cas des malades ou des voyageurs, autorisés à différer le jeûne ou à compenser par l’aumône, tout en soulignant la nécessité de préserver le respect du mois sacré.
Une transformation intérieure ressentie par les fidèles
Dans la communauté, les fidèles témoignent de l’impact profond du Ramadan sur leur comportement.
Abdou Fatal confie que le jeûne lui permet de se rapprocher davantage de Dieu. « Je fais plus attention à mes paroles et à mes actes. Je deviens plus patient et plus tolérant. La prière a une saveur particulière pendant le jeûne », explique-t-il, tout en reconnaissant que la fatigue et la soif constituent les principales difficultés.
Selon un autre fidèle, Sylla Bakari, le jeûne est un moment de purification et de recentrage. « Le silence m’aide à réfléchir sur ma vie et à demander pardon. Ma foi se renforce parce que je prie davantage », affirme-t-il.
Quant à Sarata Bamba, elle voit dans le jeûne une école d’humilité et de partage. Malgré les responsabilités professionnelles et familiales, elle dit s’efforcer de maintenir patience et générosité. « Le jeûne m’aide à mieux me maîtriser et à être plus attentive aux autres », souligne-t-elle.
Préserver les acquis après le Ramadan
Pour l’homme Dieu, le véritable défi commence après le mois sacré. « Le Ramadan est un entraînement. Il nous apprend la discipline, la générosité et la constance dans l’adoration. Ce que nous faisons pendant ce mois doit continuer après », a-t-il exhorté.
Il a conclu en rappelant que le Ramadan, neuvième mois du calendrier islamique, est un temps béni destiné à former des croyants plus patients, plus solidaires et plus proches de Dieu.
(AIP)
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