Abidjan, 14 avr 2026 (AIP) – Les parties prenantes nationales ont été consultées, mardi 14 avril 2026, au siège du Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA), à Abidjan Cocody, dans le cadre de l’instruction de la proposition de projet intitulé “Système national intégré de réponse, de soutien et de relèvement en faveur des communautés affectées par les pertes et préjudices climatiques en Côte d’Ivoire”.
Cette rencontre vise à intégrer les observations formulées le 19 mars par le secrétariat du Fonds de réponse aux pertes et dommages (FRLD), suite à la soumission initiale du projet ivoirien le 13 février 2026.
Représentant le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, le directeur de cabinet, Parfait Kouadio, a souligné que cette initiative traduit la volonté de la Côte d’Ivoire de bâtir « une réponse sérieuse, inclusive et crédible » face aux effets croissants du changement climatique.
Il a rappelé que le pays est confronté à une intensification des phénomènes climatiques extrêmes, notamment les inondations, l’érosion côtière, les sécheresses et la perturbation des cycles agricoles, affectant particulièrement les populations vulnérables.
« Il ne s’agit pas seulement de répondre à une exigence procédurale du Fonds, mais de renforcer la pertinence et l’efficacité de notre réponse nationale », a-t-il indiqué, appelant à une appropriation collective des observations du FRLD en vue d’améliorer la proposition.
Les consultations communautaires organisées du 7 au 11 mars dans plusieurs localités exposées ont permis de recueillir les attentes des populations directement affectées.
Intervenant au nom du directeur exécutif du FIRCA, N’Diaye Oumar, la directrice exécutive adjointe, Mme Traoré Assita, a réaffirmé l’engagement de l’institution dans la mobilisation des financements climatiques et la mise en œuvre d’initiatives visant à renforcer la résilience des populations.
Elle a salué les efforts du gouvernement ayant permis à Abidjan d’accueillir le siège régional du Fonds vert pour le climat, tout en soulignant que les effets du changement climatique, désormais perceptibles au quotidien, engendrent des pertes économiques, sociales et humaines importantes.
Le point focal national du FRLD, Mme Patricia Djetouan, a présenté ce mécanisme financier international créé en 2022 lors de la COP27 en Égypte, pour soutenir les pays confrontés aux pertes et préjudices liés au changement climatique, malgré les efforts d’atténuation et d’adaptation.
Elle a précisé que la Côte d’Ivoire a soumis un projet d’un montant de 18,5 millions de dollars (environ 11,1 milliards FCFA), dans le cadre du premier appel à projets doté de 250 millions de dollars, destiné notamment aux pays en développement.
Le projet, présenté par le FIRCA, vise à mettre en place un dispositif national structuré autour de trois axes principaux : la réponse rapide aux catastrophes climatiques, le soutien aux communautés affectées et le relèvement durable des zones sinistrées.
Selon le chargé d’études au FIRCA, Armand M’Bra, les pertes économiques liées aux événements climatiques extrêmes en Côte d’Ivoire sont estimées entre 80 et 100 milliards FCFA par an, selon la Banque mondiale.
Il a indiqué que le projet prévoit notamment des transferts monétaires aux ménages sinistrés, la réhabilitation d’infrastructures essentielles, la mise en place d’un mécanisme national de gestion des pertes et préjudices, ainsi que le renforcement des capacités des acteurs locaux.
D’un coût global de 18,5 millions de dollars sur la période 2027-2030, ce projet ambitionne de doter la Côte d’Ivoire d’une architecture nationale efficace pour faire face aux impacts irréversibles du changement climatique.
Les participants sont appelés à formuler des recommandations en vue de consolider la proposition avant sa resoumission au FRLD.
(AIP)
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