Abidjan, 13 juin 2026 (AIP) – Le groupe Eni, coorganisateur de la 3e conférence d’International Network on African Energy Transition (INAET), aux côtés du Groupe de la Banque mondiale et de l’Université Luiss, tenue les 11 et 12 juin 2026 à Abidjan, a mis en lumière son projet de valorisation des graines d’hévéa, une initiative porteuse de nouvelles perspectives de revenus pour les producteurs ivoiriens.
Développé en partenariat avec les autorités ivoiriennes, ce projet permet d’utiliser les graines d’hévéa, traditionnellement considérées comme des résidus agricoles, pour produire de l’énergie selon les principes de l’économie circulaire. Cette initiative constitue une première mondiale à l’échelle industrielle et présente l’avantage de ne pas entrer en concurrence avec les cultures destinées à l’alimentation.
Les producteurs collectent ces résidus dans leurs plantations avant de les acheminer vers les coopératives de la Fédération des producteurs d’hévéa (FPH). Les graines sont ensuite transformées dans une unité industrielle afin de produire une huile végétale destinée à la fabrication de biocarburants de deuxième génération dans les bioraffineries Enilive.
Par ailleurs, dans une logique d’économie circulaire, les sous-produits issus de cette transformation sont valorisés localement sous forme de bases protéiques pour l’alimentation animale ou utilisés comme combustible dans le cadre d’initiatives de cuisson propre (« clean cooking »), en synergie avec les programmes de compensation carbone.
Cette initiative génère des retombées positives aussi bien sur le plan environnemental que socio-économique. Elle contribue à une meilleure gestion des plantations d’hévéa, à la réduction des émissions sur le terrain et à la création de revenus complémentaires pour les agriculteurs. Elle favorise également l’émergence de nouvelles opportunités dans les domaines de la collecte, de la logistique et de la transformation.
Le projet mis en œuvre en Côte d’Ivoire s’inscrit dans la stratégie globale d’Eni visant à accélérer la transition énergétique, notamment à travers le développement de filières intégrées dédiées à la production de matières premières durables destinées aux biocarburants. Le programme « agri-feedstock » vise ainsi à valoriser les résidus agricoles, les sous-produits et les cultures n’entrant pas en concurrence avec la chaîne alimentaire, tout en préservant les forêts et les écosystèmes naturels.
La Côte d’Ivoire figure aujourd’hui parmi les principaux producteurs mondiaux de caoutchouc naturel (latex d’hévéa). Avec une production estimée à 1,5 million de tonnes en 2023, le pays représente environ 9 % de la production mondiale. Il est le premier producteur africain et le quatrième producteur mondial. La culture de l’hévéa et sa filière de transformation constituent, aux côtés du cacao, l’une des principales activités agroforestières industrielles du pays.
(AIP)
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