Bongouanou, 22 juin 2026 (AIP) – Les activités d’orpaillage illégal dans le fleuve N’Zi ont entraîné la dégradation de l’habitat naturel des hippopotames, provoquant la migration d’un spécimen vers plusieurs plans d’eau du département de Bongouanou, a indiqué le directeur départemental des Eaux et Forêts, le colonel Yao Sosthène, lors d’une interview accordée à l’AIP.
Selon le responsable, l’hippopotame, animal essentiellement aquatique, recherche des zones d’eau profonde, riches en végétation et à l’abri des perturbations. Lorsque ces conditions écologiques sont dégradées, notamment par les activités humaines, l’animal est contraint de se déplacer vers d’autres habitats plus propices à sa survie.
Le colonel Yao Sosthène a expliqué que les opérations d’orpaillage dans le N’Zi ont progressivement perturbé l’écosystème du cours d’eau, poussant le pachyderme à quitter son milieu naturel pour se réfugier dans des plans d’eau alimentés par les eaux de ruissellement.
L’animal avait été aperçu pour la première fois en août 2025 dans un cours d’eau du village d’Assié-Assasso, entre Banabo et Assié-Koumassi. En juin 2026, un autre signalement a été fait dans le lac du village d’Assaoufoué, sur l’axe Bongouanou-M’Batto. Pour les services des Eaux et Forêts, il s’agirait du même individu en déplacement dans la zone à la recherche de conditions favorables.
Sur le terrain, les populations ont constaté une diminution des apparitions habituelles de l’animal, suggérant un changement de comportement ou un nouveau déplacement.
Le colonel Yao a toutefois rassuré que les dégâts enregistrés à ce jour restent limités et concernent principalement des cultures vivrières, notamment des champs d’arachide et d’aubergine, l’hippopotame étant un herbivore.
Face à cette situation, les services des Eaux et Forêts ont renforcé les actions de sensibilisation dans les localités concernées. Des séances d’information ont été organisées à Assié-Assasso et à Assaoufoué afin d’édicter les comportements à adopter en cas de rencontre avec l’animal.
Les populations ont notamment été invitées à éviter toute provocation ou tentative d’attaque. À Assaoufoué, des panneaux de signalisation et une bande de sécurité ont également été installés autour du plan d’eau.
Le responsable des Eaux et Forêts n’exclut pas de nouveaux déplacements de l’animal si la dégradation de son habitat se poursuit. Il a, à cet effet, appelé les populations à la vigilance et au respect des consignes des agents forestiers. « Nous devons comprendre que les animaux sauvages ont également besoin d’un espace pour vivre. Nous devons apprendre à cohabiter avec eux dans le respect mutuel », a-t-il conclu.
(AIP)
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