Bondoukou, 25 juin 2026 (AIP) – Les propriétaires terriens, chefs de village et toute personne qui facilite l’installation des orpailleurs clandestins s’exposent à des poursuites judiciaires, a averti, lundi 22 juin 2026, l’adjoint au commandant de la compagnie de gendarmerie de Bondoukou, lieutenant Mel Odou, lors d’un atelier de sensibilisation contre l’orpaillage illégal organisé par le sous-préfet de Bondoukou, Sonh Laurent.
Intervenant devant les autorités administratives, les chefs de villages, les chefs de terre et les populations, le lieutenant Mel Odou a indiqué que les concernés seront punis des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et des amendes de 50 à 100 millions de francs CFA,
« Lorsque nos enquêtes démontrent qu’un propriétaire terrien ou un chef de terre a volontairement mis sa parcelle à la disposition d’orpailleurs clandestins, il est désormais poursuivi conformément à la loi. Nous n’allons plus seulement rechercher les exploitants, mais aussi ceux qui facilitent leurs activités », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’orpaillage illégal constitue aujourd’hui une menace multidimensionnelle pour le département de Bondoukou et l’ensemble de la région du Gontougo, en raison de ses conséquences sécuritaires, environnementales et socio-économiques.
« Certains chefs de terre et propriétaires fonciers cèdent leurs parcelles contre des rentes financières. Cette pratique contribue fortement à l’expansion de l’orpaillage clandestin dans notre région », a-t-il regretté.
Sur le plan environnemental, il a déploré les effets dévastateurs de l’exploitation illégale de l’or, notamment la déforestation massive, la destruction des terres cultivables, l’envasement des cours d’eau, la pollution des rivières par les produits chimiques et la stérilisation des sols.
« Si nous continuons sur cette voie, nous compromettons sérieusement l’avenir agricole de notre région et la disponibilité de nos ressources halieutiques », a-t-il averti.
Abordant les conséquences sociales, le lieutenant Mel Odou a évoqué l’explosion démographique autour des sites clandestins, la recrudescence de l’insécurité, le trafic de drogue, la prostitution, la déscolarisation des enfants, le travail des mineurs et la multiplication des conflits fonciers.
Il a particulièrement insisté sur les violences enregistrées dans certaines localités de la région, où des personnes opposées aux activités clandestines ont été agressées ou tuées.
« Nous assistons de plus en plus à des agressions à la machette, à des découvertes de corps sans vie et à des conflits meurtriers liés à l’orpaillage clandestin. Ces situations ne peuvent plus être tolérées », a-t-il déploré.

L’adjoint au commandant de la compagnie de gendarmerie de Bondoukou a également mis en garde contre les liens entre l’orpaillage clandestin, le blanchiment d’argent et le financement de la criminalité organisée.
« L’argent issu de l’exploitation illégale de l’or peut servir à financer des activités criminelles et représente un risque réel pour la sécurité de notre pays, dans un contexte de menaces terroristes persistantes dans la sous-région », a-t-il soutenu.
S’appuyant sur la loi n°2014-138 du 24 mars 2014 portant Code minier, il a rappelé que toutes les substances minérales contenues dans le sol et le sous-sol de la Côte d’Ivoire appartiennent à l’État. Il a ensuite présenté les nouvelles dispositions de l’article 183 du Code minier qui prévoient des peines de deux à cinq ans d’emprisonnement et des amendes de 50 à 100 millions de francs CFA à l’encontre de toute personne qui exploite des substances minérales sans titre minier ou sans autorisation.
Le lieutenant Mel Odou a annoncé la poursuite des opérations de déguerpissement et des enquêtes judiciaires menées conjointement par la gendarmerie, la police, les forces armées et les autres services compétents.
Ces opérations visent, selon lui, à empêcher la réoccupation des sites démantelés et à amener les exploitants à se constituer en coopératives afin d’obtenir les autorisations administratives nécessaires et d’exercer leurs activités dans un cadre légal et respectueux des normes environnementales.
Au cours des échanges, plusieurs participants ont plaidé pour un allègement des coûts et des procédures d’obtention des permis d’exploitation minière, estimant que leur complexité favorise le recours à la clandestinité.
L’atelier de sensibilisation initié par le sous-préfet de Bondoukou, Sonh Laurent, s’inscrit dans la stratégie nationale de lutte contre l’exploitation illégale des ressources minières et de préservation de la paix et de la cohésion sociale dans la région du Gontougo.
(AIP)
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