Bongouanou, 4 juil 2026 (AIP) – Le “Mê”, une musique traditionnelle du peuple Agni Morofouè, a donné le ton du lancement officiel de la deuxième édition du Yesouan Festival, jeudi 2 juillet 2026 au foyer polyvalent de Bongouanou, en offrant au public une immersion dans un pan du patrimoine culturel ancestral.
Portée par ses instruments traditionnels, notamment des dispositifs fabriqués à partir de défenses d’éléphant, cette musique rituelle s’inscrit dans une longue tradition de transmission intergénérationnelle, selon les praticiens.
Principal instrumentiste du “Mê”, Robert Aka a souligné la responsabilité des jeunes dans la préservation de cet héritage culturel. « Nos ancêtres ont joué cette musique avant nous. Aujourd’hui, c’est à la jeunesse de prendre la relève pour préserver cette tradition », a-t-il indiqué.
Conformément à son rôle originel, le “Mê” a accompagné la montée sur le podium du chef de la tribu Assiè, Nanan Allou IV, ainsi que des six chefs de village, lors de l’ouverture officielle du festival. Cette prestation a rappelé sa fonction traditionnelle, jadis réservée à l’accompagnement des autorités royales et des dignitaires lors des grandes cérémonies.
Selon Robert Aka, cette musique était autrefois exclusivement exécutée en l’honneur des rois et de la noblesse en pays Agni, notamment durant les cérémonies royales, les déplacements officiels et les hommages coutumiers.
Avec le temps, le “Mê” s’est progressivement ouvert à d’autres cadres sociaux et culturels, notamment les funérailles de figures importantes, les cérémonies traditionnelles et, aujourd’hui, les festivals dédiés à la promotion du patrimoine du Moronou.
Pour son principal instrumentiste, les chants du “Mê” véhiculent des messages de respect, d’honneur et de reconnaissance à l’endroit de la chefferie traditionnelle. « Lorsque les chefs sont installés, nous jouons pour leur rendre hommage et accompagner les grands moments de la cérémonie », a-t-il expliqué.
Robert Aka a, par ailleurs, salué l’organisation du Yesouan Festival, estimant qu’il constitue une plateforme de valorisation des expressions culturelles locales et un cadre de transmission aux jeunes générations.
Consacrée cette année au tam-tam parleur ou “Kêniankpli”, la deuxième édition du Yesouan Festival met en lumière plusieurs expressions culturelles de la tribu Assiè, en vue de promouvoir le patrimoine matériel et immatériel du peuple Agni Morofouè.
(AIP)
Sa/kp

