Abidjan, 04 juil 2026 (AIP)- La phase de groupes de la Coupe du monde 2026 avait pourtant pris des airs de triomphe historique pour la Confédération Africaine de Football (CAF). Profitant du passage de la compétition à 48 équipes, l’Afrique avait réussi l’exploit de placer neuf représentants sur 10 en seizièmes de finale. Seule la Tunisie avait manqué le coche.
Pourtant, le couperet des matchs à élimination directe a transformé cette euphorie collective en un immense sentiment de gâchis. Au terme d’une semaine noire, sept des neuf nations africaines ont été éliminées. Seuls le Maroc (vainqueur héroïque des Pays-Bas aux tirs au but) et l’Égypte (qualifiée face à l’Australie, également aux tirs au but) porteront le flambeau continental en huitièmes de finale.
Analyse des sept éliminations : les raisons du naufrage
L’effondrement généralisé des sélections africaines lors de ces seizièmes de finale met en lumière des maux récurrents : le manque de réalisme, le respect excessif de l’adversaire et le « syndrome des dernières minutes ».
1. Le Sénégal : Le sabordage le plus cruel
Affiche : Belgique 3 – 2 (après prolongation) Sénégal
Le constat : C’est le traumatisme majeur de ce tour. Les Lions de la Téranga tenaient fermement leur qualification, menant 2-0 jusqu’à la 85e minute. Face à des Diables Rouges pourtant vieillissants et prenables, le Sénégal s’est totalement liquéfié en fin de match, concédant un effondrement psychologique impardonnable à ce niveau.
2. Le Cap-Vert : Sortir la tête haute face au champion
Affiche : Argentine 3 – 2 (après prolongation) Cap-Vert
Le constat : Pour sa toute première participation au Mondial, le Cap-Vert a été la sensation rafraîchissante du tournoi. Restés invaincus en poules face à l’Espagne et l’Uruguay, les Requins Bleus ont poussé le champion du monde argentin dans ses ultimes retranchements lors des prolongations. Une élimination cruelle, mais qui force le respect mondial.
3. La Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud : Le piège du respect excessif
Affiches : Côte d’Ivoire 1 – 2 Norvège | Afrique du Sud 0 – 1 Canada
Le constat : Les Éléphants ivoiriens et les Bafana Bafana ont partagé le même défaut : une frilosité tactique coupable. Face à des nations (Norvège et Canada) largement à leur portée, ces deux blocs africains n’ont pas joué leur chance à fond. En choisissant de trop respecter leurs adversaires au lieu d’imposer leur rythme physique et technique, ils ont laissé filer une opportunité en or.
4. L’Algérie, le Ghana et la RD Congo : Trop courts face aux cadors
Affiches : Suisse 2 – 0 Algérie | Colombie 1 – 0 Ghana | Angleterre 2 – 1 RD Congo
Le constat : Pour la RD Congo (qui vivait sa première phase à élimination directe) et le Ghana, la marche était simplement trop haute collectivement face à des écuries mieux structurées comme l’Angleterre et la Colombie.
L’Algérie, de son côté, s’était qualifiée in extremis comme meilleure troisième après un match fou contre l’Autriche (3-3), mais a cruellement manqué d’essence et d’organisation face à la rigueur de la Suisse.
Ce bilan comptable pose une question brutale pour l’avenir du football africain. Si l’augmentation du nombre de places a prouvé que la classe moyenne africaine pouvait rivaliser lors des joutes de poules, le passage aux matchs couperets réveille les vieux démons.
L’incapacité à conserver un score, le manque de rigueur tactique dans les moments de haute tension et un déficit d’ambition flagrant montrent que le retard psychologique et structurel sur l’Europe et l’Amérique du Sud reste entier.
Toutes les espérances reposent désormais sur les épaules des deux géants d’Afrique du Nord.
(AIP)
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