Abidjan, 4 juil 2026 (AIP) – Un collectif de 1 780 organisations de la société civile (OSC) a présenté, vendredi 3 juillet à Cocody, un « Livret Blanc » formulant des propositions en faveur d’une réforme durable de la gouvernance électorale en Côte d’Ivoire, à la faveur d’une conférence de presse.
Selon Anne Nadège Assouhan, du Centre Ahou, ce document est l’aboutissement d’une démarche participative conduite par les OSC afin de contribuer à la réflexion nationale sur l’avenir du système électoral ivoirien.
« Cette initiative intervient dans un contexte particulier. Les élections de 2025 ont, une nouvelle fois, mis en évidence les défis qui continuent de traverser notre système électoral. Si elles ont confirmé la vitalité de notre vie démocratique, elles ont également révélé la persistance de fragilités institutionnelles qui alimentent les interrogations, entretiennent les tensions et affectent durablement la confiance des citoyens », a-t-elle déclaré.
Elle a estimé que la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) ouvre une nouvelle étape propice à une réforme de fond, allant au-delà du simple remplacement d’une institution.
« C’est dans cet esprit que les organisations de la société civile ont élaboré ce Livret Blanc. Notre conviction est qu’une réforme durable de la gouvernance électorale doit reposer sur l’indépendance, la compétence, l’inclusivité et la transparence », a-t-elle expliqué.
Le document recommande notamment la création d’un nouvel organe de gestion des élections, conçu comme une institution publique indépendante, fondée sur une séparation claire entre les fonctions stratégiques, techniques et pédagogiques.
Cette architecture institutionnelle s’articule autour de trois composantes : une Commission électorale d’experts, un Département général du fichier électoral et un Département général de l’éducation civique et électorale.
Mme Assouhan a précisé que la Commission électorale d’experts réunirait des représentants de plusieurs composantes de la nation, notamment les organisations de la société civile, les partis politiques de la majorité et de l’opposition, les organisations de femmes, de jeunes et de personnes en situation de handicap, le monde de la recherche, l’Ordre des avocats ainsi que le Conseil supérieur de la magistrature.
Le Livret Blanc préconise également plusieurs garanties institutionnelles, dont un mandat unique de six ans pour les membres de la Commission, le statut d’institution publique indépendante, le recrutement des directeurs par appel public à candidatures et la recherche d’un consensus politique préalable pour la désignation des commissaires.
Au-delà de l’architecture institutionnelle, le document formule plusieurs recommandations destinées à renforcer la crédibilité du processus électoral. Il préconise notamment une révision annuelle transparente de la liste électorale, avec une évolution progressive vers un enregistrement permanent, la sécurisation et la digitalisation des procès-verbaux ainsi que de la proclamation des résultats, de même que la publication des résultats désagrégés par sexe et par tranche d’âge à l’échelle des bureaux de vote.
Le Livret Blanc propose également une feuille de route graduelle pour accompagner la mise en œuvre de ces réformes.
En conclusion, les organisations de la société civile ont appelé les pouvoirs publics, les acteurs politiques et l’ensemble des parties prenantes à examiner ces propositions dans un esprit de dialogue et de responsabilité.
« La société civile appelle l’ensemble des acteurs nationaux à s’approprier ces propositions et à les intégrer aux discussions en cours. Elle demeure disponible pour poursuivre les échanges avec les autres organisations de la société civile et les différentes parties prenantes », a insisté Anne Nadège Assouhan.
(AIP)
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