Abidjan, 15 juil 2026 (AIP)- L’atelier parlementaire national et dialogue sur l’investissement vert en Côte d’Ivoire, placé sous le thème « Des zones d’énergie verte aux circonscriptions d’énergie verte : valider le cadre d’investissement, mobiliser les financements verts et tirer les enseignements du terrain », s’est ouvert mercredi 15 juillet 2026 à Abidjan, à l’initiative du Parlement du Climat, en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) et avec l’appui du Fonds vert pour le climat.
Cet atelier de deux jours a pour objectif de présenter et de valider les zones d’énergie verte ainsi que le portefeuille de projets dans le domaine des énergies renouvelables et de l’industrie verte, afin d’orienter les investissements vers des interventions compatibles avec les objectifs climatiques du pays.
Le représentant du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, Guiraud Ghislain, a rappelé que la Côte d’Ivoire, dans le cadre de l’Accord de Paris, a soumis la troisième version de ses contributions déterminées au niveau national (CDN). Il a souligné que des défis sectoriels restent à relever, notamment dans l’agriculture, la foresterie, le transport, les déchets, la santé, les zones côtières et l’énergie, tout en insistant sur la coordination de l’action climatique et la mobilisation des ressources financières.
« L’Afrique dans son ensemble émet moins de 5% des émissions de gaz à effet de serre, mais subit de plein fouet les effets négatifs des changements climatiques. Nous sommes tous appelés à redoubler d’efforts dans un contexte où les conflits régionaux mettent en péril nos économies nationales », a-t-il déclaré.
M. Guiraud a par ailleurs salué le choix de la Côte d’Ivoire pour abriter le Bureau régional du Fonds vert pour le climat pour l’Afrique du Nord, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, une opportunité qui constitue « un signal fort donné par nos dirigeants dans le sens de la mobilisation des ressources financières climatiques ».
Le président de la section ivoirienne du Parlement du climat, Yacouba Sangaré, a souligné l’importance de l’implication des parlementaires dans la lutte contre les changements climatiques. Il a rappelé l’engagement de la Côte d’Ivoire à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30 % d’ici 2030 et à porter la part des énergies renouvelables à 45 % du mix énergétique à la même échéance.
« L’investissement vert n’est plus une option, c’est un levier d’emploi, de souveraineté énergétique et de résilience. Les cibles de 2030 doivent créer des milliers d’emplois verts dans le solaire, la maintenance, l’industrie, le reboisement et la gestion durable de nos forêts. Ensemble, nous devons lever les freins à l’investissement privé dans les zones d’énergie verte. Notre fiscalité doit aussi s’adapter et tenir compte des objectifs climatiques », a-t-il insisté.

La directrice générale du Parlement du climat, Léa Hillaireau, a présenté la vision des « circonscriptions d’énergie verte », un modèle réplicable qui lie les énergies renouvelables et l’usage productif de l’électricité dans chaque circonscription. « Notre objectif est de traduire en actions concrètes pour les parlementaires les discours des grandes instances internationales, comme les COP, afin que les projets soient investissables par des investisseurs domestiques et internationaux », a-t-elle expliqué.
Elle a cité l’exemple de l’utilisation de l’énergie propre pour créer des chaînes de froid permettant de réfrigérer les produits agricoles et de les vendre sur des marchés régionaux, illustrant ainsi le lien entre électricité propre et agriculture.
Le coordonnateur national de l’ONUDI, Ouattara Issouf, a rappelé que la Côte d’Ivoire s’est engagée, à travers ses CDN de troisième génération présentée à la COP30 de Belém, à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 33,7 % d’ici 2035 sur fonds propres et jusqu’à 74 % avec un appui international, tout en portant la part des énergies renouvelables à 45 % du mix électrique dès 2030.
Il a indiqué que des études techniques approfondies ont documenté un potentiel remarquable dans le solaire, l’hydraulique et la bioénergétique, avec plus de 16 millions de tonnes de biomasse agricole valorisables chaque année, du cacao au manioc en passant par l’anacarde. Ces travaux ont abouti à une feuille de route nationale et à un portefeuille de projets prioritaires soumis à la validation des participants.
« Cette validation constitue l’enjeu majeur de cette première journée. Elle est la condition préalable au passage à la phase de modélisation des investissements », a-t-il précisé.
La deuxième journée de l’atelier sera consacrée à une visite du mini-réseau solaire de Dibykro, dans la région de Tiassalé, dans le cadre du programme Éclair Ivoire. Cette visite permettra aux parlementaires de découvrir les réalisations concrètes d’une circonscription d’énergie verte et de tirer des enseignements pour leurs propres circonscriptions.
L’ONUDI a également annoncé le lancement d’un guide d’apprentissage parlementaire et d’une plateforme de ressources documentaires à destination des élus.
(AIP)
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