Abidjan, 15 juil 2026 (AIP) – Les premiers résultats de l’Observatoire des pratiques managériales en Afrique (OPMA), présentés mardi 14 juillet 2026 au Novotel Abidjan Plateau, mettent en lumière plusieurs défis structurels auxquels sont confrontés les managers africains, notamment la difficulté à instaurer une culture du feedback et à garantir la pérennité des organisations.
Selon le directeur général du cabinet ITHOS et initiateur de l’OPMA, Stéphane Coridon, les travaux menés dans sept pays africains montrent que le management sur le continent « est en construction ».
« Les résultats montrent que le management en Afrique a de belles qualités. Mais il y a encore des choses à travailler, notamment la capacité des managers à être lucides sur eux-mêmes », a-t-il déclaré.
L’étude, réalisée auprès de 188 managers issus de sept pays africains, met en évidence plusieurs risques pour le développement et la pérennité des organisations, notamment la dépendance excessive aux individus, le faible apprentissage collectif, la difficulté à assurer la relève, une culture de conformité au détriment de la responsabilité, ainsi que l’usure progressive des managers.
Face à ces constats, l’Observatoire formule cinq recommandations à l’endroit des décideurs. Il s’agit notamment de faire du feedback une compétence stratégique, de développer la maturité réflexive des managers, de structurer les pratiques collectives du management, de repenser les investissements dans la formation managériale et de faire de la durabilité managériale un enjeu stratégique.
Pour Stéphane Coridon, l’un des principaux défis consiste désormais à construire un modèle de management adapté aux réalités africaines.
« Les pratiques managériales en Afrique ne sont pas encore modélisées. L’Observatoire permettra justement de commencer à construire un modèle africain du management », a-t-il expliqué.
L’initiateur de l’OPMA a également plaidé en faveur d’une recherche scientifique davantage centrée sur les réalités culturelles, sociologiques et organisationnelles africaines, estimant que les modèles de gestion importés ne répondent pas toujours aux spécificités du continent.
Évoquant l’intelligence artificielle, il a souligné que, si celle-ci améliore la productivité des entreprises, elle peut également réduire l’engagement des collaborateurs lorsque les organisations négligent la dimension humaine du management.
« Le management et le leadership sont d’abord des réalités humaines. Une entreprise est avant tout composée d’hommes et de femmes », a-t-il insisté.
À travers cette initiative, l’Observatoire des pratiques managériales en Afrique entend accompagner les décideurs publics et privés en mettant à leur disposition des données scientifiques et des outils d’analyse, afin de contribuer à l’amélioration durable des pratiques managériales sur le continent.
(AIP)
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