Abidjan, 14 juil 2026 (AIP)- La Côte d’Ivoire et le Liberia ont signé une convention mardi 14 juillet 2026, à Abidjan, pour assurer une gestion durable et une conservation du complexe transfrontalier Taï-Grebo-Krahn-Sapo (TGKS), en marge de la neuvième réunion du Comité de pilotage (COPIL) bilatéral transfrontalier pour les paysages dudit complexe à cheval sur les deux pays.
Le document a été paraphé pour la partie ivoirienne par ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba et du côté libérien, par le directeur de l’Autorité de développement forestier (FDA), Rudolph Merab.
Selon le M. Bamba, les deux pays partagent 600 km de frontière naturelle au niveau du Cavally. Vu les nombreuses ressources écosystémiques dont regorge ce massif forestier, il est important que des mécanismes de gestion durables soient conçus de sorte à ce que la présente génération et même les générations futures, bénéficient des retombées écosystémiques de ce complexe dans les domaines de l’agriculture, la fourniture en eau potable, du tourisme, de la pêche, la conservation, la recherche scientifique.
« Avec les bailleurs de fonds, les ONG, et toutes les parties prenantes, nous nous sommes donnés pour mission la mise en œuvre de cet accord pour le bien-être des populations ivoiriennes et libériennes dans un esprit de collaboration, de paix, entre les deux pays mais aussi dans un esprit de paix entre les deux régions », a indiqué le ministre ivoirien.
Du côté libérien, Rudolph Merab, a promis de respecter les termes de l’accord en travaillant en étroite collaboration avec la partie ivoirienne afin que le complexe transfrontalier, en proie aujourd’hui, à la convoitise des activités humaines, contribue au bien-être des populations. Il a indiqué que le complexe TGKS fait partie des aires protégées encadrées par des lois établies entre 1953 et 1965 par son pays.
Les deux signataires ont réaffirmé la détermination de leurs gouvernements à faire du complexe Taï-Grebo-Krahn-Sapo un modèle de gestion transfrontalière, un pôle de résilience écologique et un symbole de coopération régionale réussie.
A l’ouverture des travaux de la réunion, le directeur général de l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), Conservateur général Adama Tondossama Tondossama, s’est félicité de cette convention qui traduit un engagement politique fort de deux Gouvernements, le qualifiant d’un cadre juridique commun pour la gestion durable des ressources naturelles et un instrument stratégique pour harmoniser les politiques forestières.
« La mise en œuvre de l’Accord bilatéral (…) permettra d’agir pour apporter des réponses concrètes à ces défis. En effet, elle permettra notamment de créer un cadre de coordination institutionnelle entre la Côte d’Ivoire et le Liberia et d’harmoniser les aspects juridiques et les outils de gestion des paysages des Parcs nationaux de TGKS », a-t-il dit, précisant qu’il doit aussi servir à la mobilisation de financements internationaux, y compris les mécanismes innovants dans le secteur du carbone et la biodiversité.
La 9e réunion du COPIL va durer deux jours et permettra aux parties prenantes d’évaluer l’état d’avancement des mesures actées lors de la 8e réunion (notamment la signature de l’Accord-cadre transfrontalier), d’évaluer et orienter les activités du comité technique sur l’application de la Loi, d’analyser l’état de dégradation des berges du fleuve Cavally de part et d’autre de la frontière et de faire le point sur le plan d’action et le protocole de renforcement de l’application de la loi sur le fleuve Cavally.
Situé entre la Côte d’Ivoire et le Liberia, le complexe transfrontalier TGKS a une superficie de 13 000 km². Il est l’un des derniers bastions de forêts tropicales humides en Afrique de l’Ouest et constitue un patrimoine écologique d’une valeur inestimable avec des écosystèmes essentiels à la résilience climatique, abritant des espèces emblématiques et menacées telles que le chimpanzé d’Afrique de l’Ouest, l’éléphant de forêt et l’hippopotame pygmée.
La vision de sa gestion participative durable de ses ressources a débuté en 2009. Aujourd’hui, le complexe est menacé par l’orpaillage illégal, la déforestation due à l’agriculture et le braconnage. D’où la mise sur pied du COPIL avec pour rôle de promouvoir et encourager la collaboration transfrontalière afin d’atteindre les objectifs menant à la vision mondiale.
(AIP)
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