Danané, 16 avr 2026 (AIP) – Le chef du canton Gouroussé, Adama Yaké, évoque dans un entretien accordé à l’AIP, lundi 13 avril 2026 à Danané, les réalités de sa localité, ses attentes vis-à-vis du nouveau député, Guillaume Gbato, et les priorités de développement, notamment en matière d’infrastructures routières.
AIP : Pouvez-vous présenter le canton Gouroussé et son organisation ?
Adama Yaké : Le canton Gouroussé est composé de trois tribus. La tribu où se trouve le chef-lieu est Gouroussé Centre. Au nord, à la limite de Sipilou, nous avons le canton Iézé. Et au sud, vers Danané, il y a la tribu Oua Gouroussé. Cette dernière comprend quatre villages, bien qu’elle soit rattachée au canton Oua.
AIP : Le nouveau député de Danané est originaire de votre canton. Qu’attendez-vous de lui ?
A.Y. : C’est une fierté pour nous. Nous l’accompagnons et nous lui apportons nos bénédictions. Nous savons que le député n’a pas directement les moyens du développement, mais il a des idées. Nous prions pour que ses propositions soient acceptées et suivies, afin de contribuer au développement de notre région.
AIP : Quel regard portez-vous sur l’action de l’État, notamment envers la chefferie traditionnelle et votre région ?
A.Y. : Nous exprimons notre gratitude au Président de la République, Alassane Ouattara, pour les réformes engagées en faveur de la chefferie traditionnelle, notamment la loi de 2014 et son inscription dans la Constitution. Cela renforce notre rôle. Notre zone étant frontalière avec le Libéria et la Guinée, il est important de préserver nos valeurs pour éviter certaines dérives. Nous attendons également davantage d’actions de l’État en faveur du développement de notre région.
AIP : Vous avez insisté sur l’intervention de l’État. Pourquoi ?
A.Y. : Parce que le développement relève essentiellement de l’État. Nous fondons beaucoup d’espoir sur nos autorités étatiques, particulièrement sur le Président de la République, Alassane Ouattara pour qu’il accorde une attention soutenue à notre localité, notamment à travers la réalisation d’infrastructures structurantes capables de désenclaver durablement notre zone et d’améliorer les conditions de vie des populations.
AIP : Justement, en lien avec ces conditions de vie, quelles sont les principales difficultés auxquelles les populations sont confrontées au quotidien ?
A.Y. : Les conditions de vie demeurent difficiles, en raison notamment du mauvais état des routes. À 78 ans, je ne suis plus en mesure de me déplacer à moto, qui reste pourtant le principal moyen de transport dans notre localité. Même les agents de l’administration en subissent les conséquences, leur santé en étant parfois affectée. Cette situation rend particulièrement difficile l’accès aux services sociaux de base, notamment aux soins de santé.
AIP : Quelles sont vos priorités de développement pour le canton Gouroussé ?
A.Y. : La priorité absolue, c’est la route. On dit que la route précède le développement, et c’est une réalité chez nous. Nous voulons nous développer, mais nous sommes enclavés. Un exemple marquant est celui d’un chef de village, Goba Pascal, décédé à quelques kilomètres seulement de Danané, faute d’accès rapide à un centre de santé. Nous avons besoin d’infrastructures sur les axes Danané–Sipilou, Danané–Santa–Biankouma et Danané–Sangouiné. Ces routes permettront de valoriser notre potentiel agricole. Malgré leur état, nous ravitaillons la région, mais dès qu’elles sont coupées, les prix des denrées flambent. Sans route, il n’y a pas de développement possible.
(AIP)
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