Séguéla, 04 août 2026 (AIP) – Séguéla est une ville symbole. En 1978, elle accueillait la célébration du 18ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, pour les 66 ans, la cité du Worodougou s’apprête à écrire une nouvelle page. Dans les rues, les drapeaux commencent à flotter. Quelques musiques patriotiques s’élèvent des ateliers d’artisans. L’ambiance bien que timide annonce une fête et une renaissance.
Mémoire historique et infrastructures
En 1974, le président Félix Houphouët-Boigny annonçait que Séguéla accueillerait la fête tournante de l’indépendance. Prévue pour 1977, elle fut finalement organisée en 1978. « Houphouët-Boigny était en tournée. C’est à la Marahoué, un lieu de rassemblement qu’il avait annoncé que Séguéla serait la ville de l’indépendance. Mais cela n’a pas eu lieu en 1977, et ce fut reporté à 1978 », se souvient Lassina Traoré.
Cette célébration transforma Séguéla. D’un grand village, elle devint une ville moderne. Des écoles furent construites, l’hôpital renforcé, les routes améliorées. Des infrastructures culturelles et sportives virent le jour. Le stade Losseni Soumahoro, bâti pour l’occasion, reste un symbole fort de cette mutation.
El Hadj Mekramoko Kané, ancien conseiller pédagogique, raconte : « Les travaux ont changé Séguéla. Les jeunes ont trouvé du travail. Les populations sont venues en masse. Le défilé fut une réussite totale », dit-il avec émotion.
Défis actuels
Mais derrière ces souvenirs glorieux, les défis persistent : éducation, santé, routes, lutte contre l’orpaillage clandestin. « Les jeunes doivent croire en eux, prendre leur courage. Les parents souffrent pour eux, mais si eux-mêmes ne prennent pas conscience, c’est douloureux », insiste Lassina Traoré.
La voix de la jeunesse
La jeunesse veut prolonger l’élan de 1978. Dans son atelier, le tailleur Zoumana Diomandé appelle à la mobilisation : « L’indépendance est arrivée. Les jeunes, les vieux, les femmes, les filles… mobilisons-nous. C’est le jour de la Côte d’Ivoire », exhorte-t-il.
Les anciens rappellent que l’avenir repose sur les jeunes. « Le conseil que je voudrais donner, c’est de participer activement puisque l’avenir repose sur eux », souligne El Hadj Mekramoko Kané.
Pour certains, il faut réinstaurer la fête tournante. « En 78 nous n’étions pas encore nés. Aujourd’hui, nous voulons que le Président et son équipe organisent encore la fête ici à Séguéla », demande Tiama Dosso, président des motos-taxis du Woroba.
Adama Soumahoro, président du Conseil national des jeunes, formule des attentes précises : « On veut des écoles : école de police, université, CAFOP… tout cela donnera un grand sens au développement », explique-t-il.
Perspectives
De 1978 à 2026, Séguéla incarne la mémoire vivante de l’indépendance. Les infrastructures héritées de la fête tournante (écoles, hôpital, routes, stade Losseni Soumahoro) sont devenues des repères.
Aujourd’hui, les préparatifs du 66ᵉ anniversaire réveillent les émotions : des musiques anciennes qui résonnent, défilés qui répètent à la place de la République. Les drapeaux qui commencent à colorer les rues. Les habitants, jeunes et anciens, se préparent à célébrer ensemble, conscients que cette fête est aussi une promesse de développement durable et solidaire.
Séguéla, ville de mémoire et de promesses, rappelle que l’indépendance n’est pas seulement un souvenir. C’est une responsabilité transmise de génération en génération. Dans les regards des jeunes, dans les gestes des anciens, dans les infrastructures qui jalonnent la ville, c’est tout un peuple qui s’apprête à célébrer son histoire et à construire son avenir.
(AIP)
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