Abidjan, 04 juin 2026 (AIP) – Le président de la Haute autorité pour la bonne gouvernance (HABG), Epiphane Zoro Bi Ballo, a indiqué, jeudi 4 juin 2026, à Abidjan, que les secteurs de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Santé figurent parmi les domaines les plus fréquemment cités dans les dénonciations de faits présumés de corruption enregistrées par son institution.
Invité de l’émission « Les Grands Rendez-vous de l’AIP », le premier responsable de l’organe national de prévention et de lutte contre la corruption a souligné que les pratiques de racket, souvent assimilées à la petite corruption, continuent de faire l’objet de nombreuses plaintes en provenance des usagers.
« Les secteurs les plus fréquemment cités sont ceux de l’Intérieur et de la Sécurité. Nous recevons de nombreuses dénonciations relatives aux pratiques de racket, dont les conséquences sont particulièrement préjudiciables aux populations ainsi qu’à l’économie nationale », a déclaré M. Zoro Bi Ballo.
Le patron de la HABG a également relevé que le secteur de la santé demeure particulièrement sensible en raison de son impact direct sur les conditions de vie des citoyens. Il a révélé que plusieurs opérations ont été menées dans des établissements sanitaires publics, notamment au sein de Centres hospitaliers universitaires (CHU), d’hôpitaux généraux et d’autres structures de santé.
Toutefois, a-t-il précisé, l’ensemble des investigations conduites par la Haute Autorité ne fait pas systématiquement l’objet d’une communication publique. Certaines procédures requièrent en effet discrétion et confidentialité afin de garantir leur efficacité et de préserver les droits des personnes concernées.
Évoquant les réponses apportées par les pouvoirs publics, le président de la HABG a salué les réformes engagées dans plusieurs administrations en vue de réduire les risques de corruption grâce à la digitalisation des services publics.
À cet égard, il a rappelé qu’à la suite de plusieurs dysfonctionnements observés dans le secteur de la santé, des mesures ont été prises pour dématérialiser les processus de distribution et d’accès à certains produits médicaux, tout en renforçant les mécanismes de contrôle.
Il a également cité le secteur de la justice, autrefois confronté à des pratiques frauduleuses dans la délivrance des actes administratifs et judiciaires, notamment les casiers judiciaires et les certificats de nationalité. Selon lui, les réformes entreprises à travers le programme e-Justice ont permis de réduire considérablement les contacts directs entre les usagers et l’administration, limitant ainsi les opportunités de corruption.
Pour Epiphane Zoro Bi Ballo, la transparence et la transformation numérique constituent aujourd’hui les leviers les plus efficaces dans la lutte contre ce fléau.
« La solution durable réside dans la digitalisation des services publics et dans le renforcement de la transparence au sein de l’administration », a-t-il soutenu.
Le président de la HABG a par ailleurs mis en avant les progrès enregistrés dans le domaine des marchés publics. Jadis considéré comme l’un des secteurs les plus vulnérables aux pratiques corruptives, celui-ci bénéficie désormais d’une dématérialisation accrue des procédures de passation et d’attribution des marchés.
Outre les secteurs de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Santé, le foncier, la construction et certaines activités relevant de l’administration territoriale continuent de faire l’objet de signalements réguliers auprès de la HABG.
Pour le président de la HABG, la lutte contre la corruption demeure ainsi un impératif majeur pour améliorer la gouvernance publique, renforcer l’attractivité économique du pays et consolider la confiance des citoyens dans les institutions.
(AIP)
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