Daloa, 28 sept 2026 (AIP) – Le collectif des syndicats du secteur Education-Formation du Haut-Sassandra réclame la suppression du corridor de Bédiala où est décédé de leur collègue Keïta Daouda, l’établissement des responsabilités, des poursuites judiciaires à l’encontre des personnes impliquées dans le décès et la prise en charge scolaire des enfants du défunt.
Dans une motion de protestation lue lundi 28 septembre 2026 à la préfecture de Daloa par son porte-parole, Karim Blédy du SYNEEPS-CI, le collectif demande notamment que les responsabilités soient situées dans les circonstances du décès de leur collègue, anciennement professeur d’anglais au lycée moderne de Bédiala, que les personnes impliquées dans son décès soient traduites devant les juridictions compétentes, et que sa famille bénéficie d’un accompagnement, notamment d’une « prise en charge scolaire à vie » pour ses enfants.
Les organisations syndicales signataires de la motion, au nombre de 23, réclament également la prise en charge intégrale des frais médicaux des enseignants blessés lors des événements qui ont suivi le décès.
Selon la motion, une dizaine d’enseignants, dont quatre se trouveraient encore à l’hôpital, auraient été victimes de coups et de violences lors des événements survenus après le décès de leur collègue.
Les syndicats demandent en outre la suppression du corridor de Bédiala, que le collectif présente comme n’étant pas à son premier incident de ce type.
Ils réclament également l’interdiction de l’utilisation de cordes comme dispositifs de barrage et leur remplacement par des équipements réglementaires, visibles et adaptés.
Le collectif exige enfin le respect de l’intégrité physique, de la dignité et des droits des enseignants lors des interventions des forces de sécurité.
Ces revendications interviennent alors que les enseignants du Haut-Sassandra observent, depuis ce lundi, trois jours de deuil régional en hommage à Keïta Daouda et en solidarité avec sa famille et les collègues blessés.
En plus de l’arrêt des activités pédagogiques et administratives dans les établissements d’enseignement primaire et secondaire, le collectif prévoit de poursuivre son programme de deuil par un recueillement mardi au lieu de l’incident, puis mercredi au lieu de service et au domicile du défunt.
Le secrétaire général de préfecture Gbéï Képo, qui a reçu les enseignants avec son collègue Bamba Yaya, a présenté les condoléances du préfet de région la communauté éducative et assuré que la motion de protestation sera transmise à sa hiérarchie.
Il a salué l’appel du collectif aux enseignants à observer leur mouvement dans la discipline, le calme et le respect de l’ordre public. « La grève, c’est un droit, mais le trouble à l’ordre public, ce n’est pas bon », a-t-il déclaré.
Selon Karim Blédy, une assemblée générale sera convoquée à l’issue de ces trois jours afin d’évaluer la situation et de décider de la suite à donner au mouvement.
(AIP)
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