Abidjan, 23 juin 2026 (AIP) – La Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, a formulé lundi 22 juin 2026 à Abidjan une série de recommandations visant à renforcer l’impact des programmes dédiés à l’insertion professionnelle et à l’autonomisation économique des jeunes, lors du Forum régional des jeunes AFW 2026 organisé par le Groupe de la Banque mondiale à Abidjan.
Intervenant lors des échanges, les représentants de l’IFC ont plaidé pour l’intégration d’une « Clause Jeunesse » dans les grands projets d’infrastructures. Cette mesure viserait à consacrer une partie des financements destinés à la construction de routes, de ponts ou de réseaux électriques à la formation certifiante des jeunes issus des zones bénéficiaires.
Selon eux, les investissements dans les infrastructures doivent également servir à développer les compétences locales afin de permettre aux jeunes de participer durablement à l’exploitation, à la maintenance et à la gestion des ouvrages réalisés.
L’institution a par ailleurs recommandé la création de micro-fonds de garantie plus accessibles aux jeunes entrepreneurs. Une telle approche permettrait d’assouplir les conditions d’accès au financement et de soutenir davantage les initiatives portées par les jeunes, notamment dans les secteurs de la transformation agricole, de la logistique et des services.
Ces mécanismes pourraient notamment faciliter l’acquisition d’équipements stratégiques, tels que des installations solaires, afin de sécuriser l’approvisionnement énergétique des petites entreprises et d’accroître leur productivité.
La représentante résidente de l’IFC en Côte d’Ivoire, Mme Josiane Kwenda, a également appelé à une révision des critères d’évaluation des programmes destinés à la jeunesse.
Elle a estimé que leur efficacité devrait être mesurée prioritairement à travers le nombre d’emplois durables créés, notamment les contrats à durée indéterminée (CDI) obtenus par les bénéficiaires à l’issue des formations et des dispositifs d’accompagnement.
« Le véritable indicateur de réussite demeure l’accès à un emploi décent et durable », a-t-elle souligné, insistant sur la nécessité de privilégier des résultats concrets en matière d’insertion professionnelle.
Au-delà de l’emploi, l’IFC a mis l’accent sur la nécessité de renforcer l’écosystème de l’innovation en Côte d’Ivoire. L’institution recommande ainsi d’investir davantage dans les infrastructures d’innovation plutôt que dans des initiatives isolées.
L’objectif est de mettre en place des écosystèmes solides reposant sur des infrastructures de données, des mécanismes de financement adaptés, un accès fiable à l’énergie ainsi que des dispositifs d’accompagnement capables de soutenir durablement la croissance des entreprises.
Les participants ont également relevé la nécessité de créer des mécanismes de validation et de passage à l’échelle des innovations africaines.
Bien que de nombreuses solutions aient démontré leur pertinence sur le terrain, elles peinent souvent à franchir l’étape de l’expérimentation pour atteindre un déploiement à grande échelle.
La mise en place de cadres adaptés permettrait de réduire les risques, d’attirer davantage d’investissements et d’accélérer le développement des entreprises innovantes.
L’IFC a en outre insisté sur le renforcement des liens entre les universités, les innovateurs et le secteur privé.
Selon l’institution, l’inadéquation entre les compétences disponibles et les besoins du marché du travail demeure l’un des principaux obstacles à l’emploi des jeunes.
Une meilleure collaboration entre les acteurs de l’enseignement supérieur et les entreprises permettrait d’adapter les formations aux métiers émergents et aux exigences du secteur productif.
Enfin, l’organisation a appelé à repenser les critères d’éligibilité aux financements destinés aux jeunes entreprises. Elle estime que les dispositifs actuels privilégient souvent les structures déjà établies au détriment des projets innovants à fort potentiel.
Les mécanismes de financement devraient davantage prendre en compte la capacité de création de valeur, le potentiel d’impact, la qualité des équipes fondatrices et les perspectives de croissance des projets.
À travers ces différentes recommandations, l’IFC entend contribuer à l’émergence d’un environnement plus favorable à l’emploi, à l’innovation et à l’entrepreneuriat des jeunes, afin de renforcer leur participation à la transformation économique de la Côte d’Ivoire.
(AIP)
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