Abidjan, 18 juin 2026 (AIP) – La Côte d’Ivoire confirme son statut de référence internationale en matière de financement carbone forestier avec l’accueil, du 15 au 19 juin 2026, d’une délégation de dix représentants du Cambodge accompagnés d’experts de la Banque mondiale, dans le cadre d’une visite Sud-Sud de partage d’expériences sur la REDD+ et les paiements carbone.
Réunis mardi 16 juin 2026 à Grand-Béréby lors d’un atelier technique consacré aux résultats du Programme de paiement des réductions d’émissions autour du Parc national de Taï (PRE), les participants ont échangé sur les mécanismes ivoiriens de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de suivi environnemental et de partage des bénéfices issus de la finance carbone.
Intervenant au nom du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, le Directeur général de l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), le Général Adama Tondossama, a salué une reconnaissance internationale qui témoigne du chemin parcouru par la Côte d’Ivoire dans la lutte contre les changements climatiques.
Selon lui, le pays n’est plus uniquement bénéficiaire de l’expertise internationale mais est désormais en mesure de partager son expérience avec d’autres nations engagées dans la préservation des forêts et le développement durable.
Le Général Tondossama a rappelé que cette avancée repose sur la vision du Président de la République, Alassane Ouattara, qui a fait de la protection de l’environnement et de la restauration du couvert forestier des priorités nationales.

Présentant les résultats du PRE, il a indiqué que le programme a généré près de 20 millions de tonnes équivalent CO₂ vérifiées entre 2020 et 2023, auxquelles pourraient s’ajouter près de huit millions de tonnes supplémentaires au titre de l’année 2024, actuellement en cours de vérification.
Sur le terrain, a-t-il souligné, les retombées sont déjà visibles avec la restauration de 71 468 hectares de terres dégradées grâce aux activités de reboisement et d’agroforesterie ainsi que la conservation de 3 515 hectares de forêts.
Le responsable de l’OIPR a également mis en avant la crédibilité du système national de Mesure, Notification et Vérification, aujourd’hui reconnu à l’échelle internationale, ainsi que l’opérationnalisation du Plan de partage des bénéfices qui garantit la transparence dans la redistribution des revenus issus du carbone.
Pour sa part, le sous-préfet de Grand-Béréby, Mme Siény Marie-Laure épouse TIA, a insisté sur les impacts concrets du programme dans les communautés locales. Elle a rappelé que la préservation des forêts constitue non seulement un enjeu écologique mais également économique, social et de souveraineté nationale.
Face aux effets de la déforestation observés durant plusieurs décennies, elle a estimé que le mécanisme REDD+ représente une réponse stratégique permettant de concilier protection de l’environnement et développement économique des territoires.
La représentante de l’administration territoriale a relevé que les résultats du programme sont aujourd’hui perceptibles dans plusieurs localités du Sud-Ouest où les populations s’organisent pour protéger leurs ressources forestières tandis que les producteurs adoptent progressivement des pratiques agricoles plus durables.
Mme Tia a particulièrement cité l’exemple d’un collectif de trois villages de la région de San-Pédro qui devrait bénéficier d’un financement d’environ 80 millions de francs CFA destiné à soutenir la préservation des forêts communautaires, financer des activités génératrices de revenus et renforcer le développement local.
Elle a également souligné l’appui accordé aux structures publiques telles que l’OIPR et la SODEFOR pour améliorer leurs capacités de surveillance, de conservation et de gestion durable des espaces forestiers.
Pour le sous-préfet, ces résultats illustrent l’efficacité du partenariat entre la Côte d’Ivoire et la Banque mondiale, dont l’accompagnement a permis de faire de la protection de l’environnement un véritable levier de développement économique et social.
La visite de la délégation cambodgienne, venue s’inspirer du modèle ivoirien pour le développement de son propre programme REDD+ autour du massif forestier de Prey Lang, constitue ainsi une reconnaissance du savoir-faire ivoirien dans le domaine de la finance carbone et de la gestion durable des ressources naturelles.

Le mercredi 17 juin 2026, la sous-préfecture de Doba, l’agroforêt classée de Rapides-Grah et le Parc national de Taï ont constitué les principales étapes d’une mission de terrain consacrée à l’évaluation du Programme de réduction des émissions (PRE).
Cette journée, au cœur du dispositif opérationnel, a permis à la délégation d’observer de manière concrète les réalisations du programme au niveau des communautés locales et des écosystèmes forestiers, à travers un parcours structuré en trois stations.
La première étape a conduit la délégation à la rencontre de quatre bénéficiaires directs du PRE dans la sous-préfecture de Doba, sur leurs parcelles agroforestières, où ils ont partagé leurs expériences. Elle s’est poursuivie dans l’agroforêt classée de Rapides-Grah, où la SODEFOR a présenté ses activités de reboisement et d’agroforesterie, inscrites dans le dispositif de réduction des émissions.
Enfin, au Parc national de Taï, au point E, les agents de l’OIPR ont mis en lumière les actions de conservation de la biodiversité et de surveillance anti-braconnage, illustrant le volet protection et préservation du couvert forestier du PRE.
Cette mission de coopération Sud-Sud illustre la montée en puissance de la Côte d’Ivoire comme acteur de référence de la transition écologique en Afrique, tout en ouvrant la voie à de nouveaux partenariats internationaux en faveur de la préservation des forêts et du développement durable.
(AIP)
zaar

