Au lendemain du drame, lundi 13 juillet 2026, plusieurs victimes, encore sous le choc, décrivent la perte de leurs marchandises, de leurs économies et de leur principal moyen de subsistance, tout en lançant un appel à l’aide aux autorités et aux bonnes volontés.
« Aujourd’hui, Bondoukou est en deuil. Tout le marché est en deuil. On est triste », a témoigné Ouattara Awa, une commerçante qui affirme avoir tout perdu dans le sinistre. La voix tremblante, elle explique que le marché représentait pour de nombreuses femmes bien plus qu’un simple lieu de commerce.
« C’est ici qu’on se débrouille pour aider nos maris, aider nos enfants. Il y en a qui viennent au marché pour chercher de quoi manger et soutenir leurs familles. Aujourd’hui, tout a brûlé, on n’a rien eu », a -t-elle déploré, appelant à un soutien urgent pour permettre aux victimes de reprendre leurs activités.
Pour cette commerçante, la situation est particulièrement difficile pour les femmes qui n’ont souvent pas eu la possibilité d’être scolarisées et qui comptaient sur leurs petits commerces pour assurer leur autonomie. « Nous n’avons pas eu la chance d’aller à l’école. C’est ici qu’on s’est débrouillé. On demande au gouvernement de nous aider, d’aider les femmes et les jeunes à se reconstruire », a-t-elle plaidé.
Au-delà des pertes matérielles, la douleur est également ressentie par les familles des victimes. Gbané Adja Mariam, proche d’une commerçante sinistrée, raconte avec émotion la situation de sa tante dont plusieurs magasins sont partis en fumée.
« C’est une désolation pour nous. Elle a tout perdu. Je prie Dieu pour sa vie, parce que c’est très difficile. Les mots me manquent. Tout a brûlé », a-t-elle confié, appelant à une mobilisation pour accompagner les familles touchées.
Selon elle, la catastrophe frappe durement une population dont une grande partie dépend de l’activité commerciale. « À Bondoukou, il n’y a pas beaucoup d’industries. Ce sont les femmes qui vendent, ce sont elles qui subviennent aux besoins des familles et des enfants. C’est une catastrophe », a-t-elle souligné.
Solange Kouablan, reporter ayant travaillé pendant plusieurs années dans la région, témoigne également de son émotion face à l’ampleur des dégâts. « Il n’y a pas de mots pour décrire ce qui s’est passé. Ça fait mal. Je pense aux femmes qui ont tout perdu, aux hommes aussi », a-t-elle raconté.
Pour elle, le marché de Bondoukou représente une véritable mémoire collective et un pilier de l’économie locale. « Ce n’est pas seulement un marché qui part. C’est une vie entière, c’est l’histoire de Bondoukou. Ce sont des familles qui risquent de s’effondrer », a-t- elle estimé, invitant à une réponse qui dépasse les simples aides ponctuelles.
« Il faut repenser et reconstruire rapidement un écosystème qui permettra à ces femmes de redémarrer leurs activités. Certaines ont perdu toutes leurs économies, d’autres ont contracté des prêts. Comment vont-elles s’en sortir ? », a-t- elle décrié.
Dans le même désarroi, Amadou, commerçant ayant perdu trois magasins, dit s’en remettre à Dieu tout en espérant un accompagnement. « J’ai perdu trois magasins. J’ai vendu des habits, des articles divers. Tout est parti. C’est Dieu qui nous a donné et c’est Dieu qui a pris. Mais après Dieu, ce qui peut nous aider, on veut », a-t-il dit.

Kounaté Alima, une autre victime, raconte avoir perdu tout son fonds de commerce stocké à l’étage du bâtiment sinistré. « J’avais des habits pour hommes, femmes et enfants. Tout est parti en feu. On ne sait pas comment on va faire. Tout ce que j’avais gardé là-bas est fini », a-t-elle déploré , appelant à l’aide pour pouvoir reprendre son activité.
« Je ne sais même pas ce que je vais devenir. Tout le temps que j’avais passé à constituer mon commerce est parti », ajoute-t-elle, encore bouleversée.
Fatoumata, une autre commerçante, partage le même sentiment de désarroi. « On a tout perdu. On est là, on regarde seulement. On ne sait pas quoi dire. On ne peut rien faire », murmure-t-elle, décrivant un sentiment de désespoir face à l’ampleur des dégâts.
L’incendie du grand marché de Bondoukou a ainsi laissé derrière lui des centaines de commerçants dans l’incertitude, avec l’urgence désormais de reconstruire non seulement les infrastructures détruites, mais aussi les moyens de subsistance de nombreuses familles qui dépendaient quotidiennement de cette activité commerciale, a-t-on constaté.
Un comité de crise a été institué par le maire de Bondoukou, Ouattara Anzoumana et procède au recensement des commerçants pour des actions idoines.
Un incendie, survenu dimanche 12 juillet 2026 , a ravagé le bâtiment principal du grand marché de Bondoukou ainsi que plusieurs magasins attenants, provoquant d’importantes pertes matérielles mais sans toutefois faire de victimes en vies humaines, rappelle-t-on.
(AIP)
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