Abidjan, 28 jan 2025 (AIP)- Le président camerounais Paul Biya a reçu, mardi 28 janvier 2025, le rapport sur le rôle de la France dans la répression des mouvements indépendantistes au Cameroun entre 1945 et 1971.
Fruit de 20 mois de travail mené par une commission mixte d’historiens camerounais et français, ce document de plus de mille pages, dirigé par la chercheuse française Karine Ramondy, fait suite à une initiative d’Emmanuel Macron pour éclairer un passé souvent occulté.
Annoncé en juillet 2022 par le président français lors d’une visite à Yaoundé, ce projet s’inscrit dans sa politique mémorielle visant à établir les responsabilités de la France dans des épisodes historiques sensibles, après des démarches similaires concernant l’Algérie et le Rwanda.
La répression des militants de l’Union des populations du Cameroun (UPC) par l’armée française, puis par les forces camerounaises après l’indépendance, reste un sujet tabou dans les deux pays.
Cependant, des voix critiques s’élèvent. Pour Anicet Ekane, du parti Manidem, cette initiative vise à exonérer la France de ses responsabilités. « On ne peut pas demander au bourreau de juger son œuvre », a-t-il déclaré. D’autres, comme le professeur Mathias Eric Owona Nguini, redoutent une tentative de la France de rejeter la faute sur ses alliés camerounais d’alors.
Le rapport, qui sera rendu public ce mardi, pourrait apporter des éclaircissements sur les acteurs et les mécanismes de cette période trouble, surnommée « la guerre du Cameroun ».
Certains espèrent que ses conclusions déboucheront sur des mesures concrètes, notamment en matière de reconnaissance officielle et de réhabilitation des figures historiques telles que Ruben Um Nyobe, Félix Moumié ou Ernest Ouandié.
(AIP)
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