Abidjan, 27 août 2025 (AIP)-Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a exprimé de fortes réserves quant à la confiscation des actifs souverains russes gelés en Europe, estimant que cette mesure serait juridiquement risquée et pourrait entraîner des conséquences économiques et diplomatiques systémiques, a rapporté mardi 26 août 2025 l’Agence de presse russe (Tass).
Lors d’une conférence de presse conjointe avec le chancelier allemand Friedrich Merz à Berlin, M. De Wever a reconnu que certains gouvernements plaident pour la saisie pure et simple de ces fonds afin de soutenir l’Ukraine, mais il a mis en garde contre une telle approche.
« Je sais que certains gouvernements rêvent de confisquer ces fonds, mais je mets en garde contre cette pratique. Ce n’est pas simple d’un point de vue juridique », a-t-il déclaré. Selon lui, les actifs de la Banque centrale de Russie sont « juridiquement inviolables ».
Le chef du gouvernement belge a averti que confisquer ces avoirs enverrait un signal dangereux à la communauté internationale. « Si l’Europe commence à confisquer des fonds souverains pour des raisons politiques, d’autres pays pourraient perdre confiance et retirer leurs avoirs de l’UE. Cela aurait des conséquences systémiques et serait juridiquement dangereux », a-t-il ajouté.
Interrogé sur la possibilité d’utiliser ces actifs dans le cadre d’un futur règlement du conflit, le chef du gouvernement belge a estimé qu’ils pourraient faire partie d’un accord global, mais pas avant.
« En fin de compte, lorsque les négociations sur un accord de paix seront en cours, à mon avis, tout pourra être discuté. Mais en attendant, je pense qu’il serait sage de maintenir la situation telle qu’elle est aujourd’hui », a-t-il suggéré.
La Commission européenne exploite actuellement les revenus générés par les avoirs russes gelés pour financer l’assistance à l’Ukraine, notamment en remboursant les prêts occidentaux et en contribuant aux livraisons d’armes. Bruxelles affirme avoir déjà mobilisé 3,6 milliards d’euros à ces fins.
La majorité des actifs russes gelés (plus de 200 milliards d’euros) sont détenus par Euroclear, basé en Belgique. L’institution financière s’est régulièrement opposée à une éventuelle expropriation, invoquant des risques de représailles judiciaires de la Russie, qui pourrait chercher à faire saisir des avoirs européens ailleurs dans le monde.
(AIP)

