Abidjan, 06 juil 2026 (AIP) – La Turquie entend profiter du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), prévu à Ankara, pour promouvoir son industrie de défense et renforcer sa place au sein de l’architecture sécuritaire européenne, rapportent les médias internationaux.
En marge du sommet, un forum consacré à l’industrie de défense réunira, mardi 7 juillet 2026, plusieurs centaines d’acteurs issus des quelque 3 500 entreprises turques du secteur. Cette rencontre, intégrée au programme officiel du sommet de l’OTAN, servira de vitrine au savoir-faire industriel du pays.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, plaide pour une intégration accrue de la Turquie dans les mécanismes européens de défense. Il réclame notamment la levée des restrictions empêchant son pays d’accéder au programme européen SAFE, doté de 150 milliards d’euros, destiné à soutenir les capacités industrielles et technologiques de défense des États membres.
« Il est inconcevable d’envisager la sécurité européenne sans la Turquie », a déclaré le chef de l’État, mettant en avant les capacités militaires de son pays, qui dispose de la deuxième plus grande armée de l’OTAN, avec environ 355 000 militaires d’active et 378 000 réservistes.
Selon Ozgur Unluhisarcikli, directeur du German Marshall Fund à Ankara, la Turquie cherche à tourner la page de son exclusion des principaux projets européens de défense. « Elle va profiter du sommet pour démontrer ses capacités industrielles et technologiques », a-t-il indiqué à l’AFP.
Classée au 11ᵉ rang mondial dans le domaine de l’industrie de défense, la Turquie affiche une progression soutenue de ses exportations. Celles-ci ont augmenté de 48 % en 2025 et de 29 % depuis le début de l’année 2026. Elles représentent désormais 1,8 % des exportations mondiales d’équipements militaires et ont doublé en cinq ans, selon les données de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).
Le président Erdogan s’est félicité des performances du secteur, citant notamment les succès commerciaux des drones, des chars, des véhicules blindés et des navires de guerre. Il a également évoqué la livraison, en juin dernier, d’un bâtiment militaire à la Roumanie, présenté comme le premier navire de guerre exporté par la Turquie vers un pays membre à la fois de l’OTAN et de l’Union européenne.
Pour soutenir cette dynamique, Ankara s’appuie sur un Fonds de soutien aux industries de défense, financé par des contributions publiques et privées, qui a mobilisé près de sept milliards d’euros en 2025, selon le cabinet Advantis Turkiye.
(AIP)
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