Abidjan, 27 juin 2026 (AIP) – Le gouvernement sud-africain affirme avoir enregistré des « progrès substantiels » dans l’expulsion et le rapatriement des ressortissants étrangers en situation irrégulière, grâce à l’accélération de sa nouvelle stratégie nationale de gestion des migrations.
Présentée récemment par le président Cyril Ramaphosa, cette approche globale en cinq volets vise à renforcer le contrôle de l’immigration tout en garantissant le respect de la Constitution et de l’État de droit, a rapporté vendredi 26 juin 2026 l’Agence de presse sud africaine (SAnews).
Lors d’un point de presse vendredi, la ministre sud africaine de la Justice et du Développement constitutionnel, Mmamoloko Kubayi, qui préside également le Comité interministériel sur les migrations, a indiqué que plusieurs pays africains, dont le Malawi, le Ghana, le Nigeria, le Mozambique, le Zimbabwe, le Kenya et la République démocratique du Congo, ont accepté de rapatrier volontairement leurs ressortissants.
« Nous réalisons des progrès substantiels en matière d’expulsion et de rapatriement des ressortissants étrangers dans les provinces concernées », a-t-elle déclaré.
Selon la ministre, le gouvernement poursuit les expulsions à partir du centre de rapatriement de Lindela, tandis que les États d’origine prennent en charge les coûts du transport et l’organisation logistique des retours volontaires. L’Afrique du Sud assure, pour sa part, les procédures de vérification d’identité et la délivrance des ordres de départ.
Le gouvernement fait également état d’avancées importantes concernant les ressortissants malawites. Au 25 juin 2026, 15 162 personnes avaient été enregistrées en vue de leur expulsion et de leur rapatriement, tandis que d’autres restent en cours de vérification dans différents centres temporaires. Face à l’ampleur de cette opération, Pretoria a décidé d’élargir les compétences du Bureau d’accueil des réfugiés de Musina, dans la province du Limpopo, afin d’accélérer les vérifications administratives.
Les autorités ont également activé un dispositif logistique associant plusieurs partenaires internationaux et humanitaires, notamment le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), la Croix-Rouge, Save the Children ainsi que les autorités consulaires malawites.
Dans le même temps, un Centre temporaire de traitement des demandes de rapatriement (TRPC) a été mis en service près de Musina. Cette nouvelle structure doit permettre d’accélérer le traitement des dossiers, de fluidifier les opérations au poste-frontière de Beitbridge et de réduire la pression sur le centre de rapatriement de Lindela.
Le gouvernement met également en avant les résultats des opérations de contrôle menées ces dernières semaines. Au cours de la seule semaine du 15 juin, 5 056 personnes ont été arrêtées pour des infractions à la législation sur l’immigration. Au total, 8 230 personnes ont déjà été traitées au poste-frontière de Beitbridge. Des opérations conjointes conduites par l’Autorité de gestion des frontières (BMA), la police sud-africaine (SAPS), les Forces de défense sud-africaines (SANDF) et d’autres services de sécurité ont aussi abouti à 35 arrestations, dont deux employeurs poursuivis pour avoir recruté des travailleurs étrangers en situation irrégulière.
Mmamoloko Kubayi a souligné que ces résultats traduisent les premiers effets de la stratégie globale du gouvernement pour mieux maîtriser les flux migratoires. Elle a toutefois rappelé que cette politique restera fondée sur le respect de la Constitution, de l’État de droit et des droits fondamentaux.
La ministre a réaffirmé que les autorités ne toléreront ni le contournement des lois sur l’immigration ni les actes de violence ou de justice privée visant les communautés étrangères. Elle a enfin remercié les pays partenaires pour leur coopération dans le rapatriement « sûr, ordonné et volontaire » de leurs ressortissants et salué la patience de la population sud-africaine durant la mise en œuvre de cette politique.
(AIP)
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