Abidjan, 5 sept 2025 (AIP)- Le gouvernement français multiplie les messages de fermeté, à l’approche du mouvement social prévu le 10 septembre 2025 sous le mot d’ordre » Bloquons tout ».
Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, s’est exprimé publiquement jeudi 4 septembre 2025. S’il affirme ne pas redouter la journée, il appelle les préfets à une mobilisation maximale des forces de l’ordre. Il reconnaît une exaspération sociale légitime, mais dénonce une stratégie de blocage qu’il qualifie de « stupide », estimant que la France a davantage besoin d’élan que de ralentissements supplémentaires, a rapporté vendredi 5 septembre 2025, l’Agence de presse turque Anadolu.
M. Retailleau se veut rassurant, anticipant une mobilisation limitée. Toutefois, il n’exclut pas des « actions spectaculaires » émanant de groupes de l’ultragauche, selon lui soutenus par la CGT. Les services de renseignement évoquent de leur côté un potentiel de 100 000 participants, tout en admettant une grande incertitude sur l’ampleur réelle du mouvement.
La journée du 10 septembre ne bénéficie pas d’un appel intersyndical unitaire national, ce qui rend la mobilisation difficile à évaluer. Certaines fédérations, comme la CGT Chimie, CGT Commerce, Sud-Rail, Solidaires ou Sud Industrie, appellent à rejoindre l’initiative. En revanche, d’autres centrales majeures – CFDT, FO, Unsa, misent sur la grande journée d’action du 18 septembre.
En conséquence, la journée du 10 devrait se traduire par des actions dispersées : blocages locaux, perturbations des transports, occupations symboliques. Le gouvernement semble jouer une carte double : minimiser l’impact politique tout en renforçant l’encadrement sécuritaire, afin d’éviter les débordements.
Le contexte politique ajoute une tension supplémentaire : l’issue du vote de confiance de Bayrou pourrait largement influer sur la tonalité du mouvement. Une chute du gouvernement calmerait peut-être les esprits, mais un maintien fragile risquerait d’attiser la contestation sociale.
(AIP)
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