Abidjan, 28 sept 2026 (AIP) – Le président serbe, Aleksandar Vučić, a démissionné dimanche 27 septembre 2026, sept mois avant la fin de son second mandat, afin de pouvoir briguer le poste de Premier ministre lors des élections législatives anticipées du 25 octobre, dans un contexte de contestation étudiante et de crise politique persistante.
Cette démission met fin à son second et dernier mandat présidentiel de cinq ans. Élu président pour la première fois en 2017 après avoir été Premier ministre à partir de 2014, M. Vučić ne pouvait constitutionnellement briguer un troisième mandat présidentiel.
La présidente de l’Assemblée nationale, Ana Brnabić, a pris lundi les fonctions de présidente par intérim. Elle exercera cette charge jusqu’à l’élection d’un nouveau chef de l’Etat, qui doit intervenir dans un délai maximal de trois mois. Le scrutin présidentiel doit être organisé entre 30 et 60 jours après sa convocation.
Aleksandar Vučić entend désormais conduire la liste de son parti, le Parti progressiste serbe (SNS), aux élections législatives anticipées du 25 octobre. Il avait annoncé début septembre la convocation de ce scrutin, dans un contexte de fortes tensions politiques.
Cette crise politique est marquée depuis près de deux ans par un important mouvement étudiant, déclenché après l’effondrement, le 1er novembre 2024, de la toiture de la gare de Novi Sad, qui avait fait 16 morts. Les étudiants réclament notamment que les responsabilités soient établies et dénoncent la corruption et le manque de transparence dans la gestion publique.
Selon des médias internationaux, la candidature de M. Vučić au poste de Premier ministre vise à maintenir son influence politique après son départ de la présidence. En Serbie, le Premier ministre dispose formellement de pouvoirs exécutifs plus importants que le président, même si M. Vučić a exercé une influence déterminante sur la vie politique du pays au cours de ses mandats présidentiels.
Peu avant sa démission, Aleksandar Vučić a également gracié 49 personnes, dont certaines impliquées dans les manifestations, selon plusieurs médias.
Le scrutin législatif du 25 octobre intervient ainsi après près de deux années de manifestations et constitue une nouvelle étape de la crise politique qui secoue la Serbie.
(AIP)
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