Abidjan, 03 sept 2026 (AIP) – Le vice-président de l’Internationale libérale, Sidi Touré, a estimé à l’ouverture des Rencontres africaines de la liberté, jeudi 3 septembre 2026 à Abidjan, que la liberté est un enjeu majeur pour l’Afrique du XXIe siècle.
« La liberté n’est pas étrangère à l’Afrique. C’est surtout la confiscation de la liberté qui lui est étrangère », a déclaré le ministre à l’ouverture de ces rencontres placées sous le thème « Repenser la liberté à partir des réalités humaines », organisées par Audace Institut Afrique, en partenariat avec la Fondation Atlas Network, la Fondation Friedrich Naumann et le Centre de recherche et d’action pour la paix (CERAP).
M. Touré, également ministre ivoirien, a tenu à déconstruire une idée reçue selon laquelle la liberté serait une « importation » ou une « valeur de luxe venue d’ailleurs ».
S’appuyant sur l’exemple des commerçantes des marchés africains, il a souligné que la liberté d’entreprendre, le respect de la parole donnée et la solidarité sont des pratiques ancrées dans les réalités sociales du continent.
« Si vous voulez comprendre pourquoi la liberté est un enjeu majeur en Afrique du XXIe siècle, ne commencez pas par les manuels. Commencez par ces femmes que vous voyez dans les rues et sur les marchés », a-t-il lancé.
Pour le vice-président de l’Internationale libérale, élu en décembre 2024 à Santiago du Chili, la liberté économique et la liberté politique sont « les deux jambes d’un même corps ». Il a rappelé qu’aucun pays ne s’est enrichi durablement en enfermant ses citoyens ou en muselant sa presse.
« L’ordre sans la liberté n’est pas la paix, c’est juste une pause avant l’orage », a-t-il averti, appelant à une vigilance face aux « vieux démons » que sont les transitions qui s’éternisent et les libertés publiques restreintes.
Sidi Touré a également insisté sur le rôle crucial de la jeunesse africaine, dont l’âge médian est d’environ 19 ans. « Cette génération connectée sait ce qui se fait ailleurs. Elle ne comprend pas qu’on lui demande de vivre enfermée dans un monde aussi ouvert », a-t-il affirmé.
Selon lui, la jeunesse ne transformera son potentiel en richesse que si elle est « libre d’essayer, d’entreprendre, de créer son entreprise sans parcours du combattant ».
Revenant sur l’exemple de la Côte d’Ivoire, il a salué le choix du libéralisme comme « chemin de prospérité partagée », poursuivi sous la conduite du Président Alassane Ouattara. « Si la Côte d’Ivoire figure aujourd’hui parmi les économies les plus dynamiques du continent, ce n’est pas le fruit du hasard, c’est le fruit d’un choix », a-t-il soutenu.
La directrice de Audace Institut Afrique, Gisèle Dutheuil, a pour sa part souligné que l’objectif de ces rencontres est de « passer des concepts aux personnes, des théories aux conséquences, des intentions aux résultats ».
La chargée de programme à la Fondation Friedrich Naumann, Bénédicte Koffi, a renchéri en invitant à ne pas opposer liberté individuelle et solidarité, rappelant que « dans une société vraiment libre, la solidarité se construit, se choisit et ne s’impose pas ».
Sidi Touré a conclu son intervention en citant Nelson Mandela: « Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes, c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté de l’autre. »
(AIP)
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