Abidjan, 28 sept 2026 (AIP)- Le député-maire du Plateau, Jacques Ehouo, appelle à privilégier le dialogue et la concertation entre les différentes autorités dans la gestion et l’aménagement des espaces publics de la commune, afin de préserver l’intérêt des populations.
« Il faut qu’on puisse échanger, s’entendre, se concerter pour aller à l’essentiel », a déclaré M. Ehouo, évoquant plusieurs projets d’aménagement réalisés ou envisagés dans la commune du Plateau.
Selon lui, la concertation entre la mairie, le District autonome d’Abidjan et les différents services de l’Etat permettrait de prévenir les incompréhensions et d’assurer une meilleure cohérence dans les interventions sur les espaces publics.
Jacques Ehouo a notamment évoqué plusieurs interventions réalisées sur des espaces publics du Plateau, estimant que celles-ci auraient gagné à être précédées d’échanges avec la municipalité.
« Même si vous pensez que c’est l’espace du District, au moins vous informez l’autorité de la cité », a-t-il soutenu, appelant à une meilleure coordination entre les différentes institutions.
Il a également insisté sur la nécessité de préserver les investissements réalisés par la commune, ainsi que les espaces verts qui participent, selon lui, à l’amélioration du cadre de vie des populations.
Concernant les aménagements aux abords de la lagune, le député-maire a plaidé pour des solutions permettant de concilier les impératifs d’aménagement, de mobilité, de préservation environnementale et d’accès des populations aux espaces publics.
« Ce n’est pas l’enjeu du maire, ce n’est pas l’enjeu du conseil. C’est l’enjeu de tout le monde », a-t-il déclaré, estimant que les projets doivent être conduits dans l’intérêt général.
Cette position intervient après la destruction, le 12 septembre 2026, par les services du District autonome d’Abidjan, d’une partie des aménagements réalisés par la municipalité sur le site de la promenade lagunaire et du jardin public situé entre les ponts Félix Houphouët-Boigny et Général-de-Gaulle.
Réuni en session extraordinaire le 23 septembre, sous la présidence du maire Jacques Ehouo, le conseil municipal du Plateau a adopté une délibération pour protester contre la destruction des biens communaux et la coupe d’arbres centenaires sur le site.
Selon cette délibération, les aménagements concernés, comprenant notamment des espaces verts, un dispositif d’éclairage et des ouvrages réalisés à près de 100 %, représentaient un investissement destiné à améliorer le cadre de vie, l’attractivité de la commune et les conditions d’accueil des usagers.
La porte-parole du conseil, Dr Angoua Emma, indique que ces investissements ont été entièrement financés sur le budget propre de la commune, pour un montant global de 1,228 milliard de FCFA, dont 359,5 millions FCFA pour la partie des aménagements détruite et 868,9 millions de FCFA pour les autres investissements.
La municipalité estime également que ces aménagements ne constituaient pas un désordre réel et dénonce ce qu’elle qualifie d’interventions unilatérales du District sur des espaces et équipements relevant, selon elle, de ses compétences.
Dans sa délibération, le conseil municipal rappelle plusieurs épisodes de tensions autour de la gestion d’espaces publics, notamment le litige relatif à l’ancien marché du Plateau, la démolition d’un ouvrage en face de la cathédrale Saint-Paul en 2021, la destruction d’un marché en 2024 et l’intervention sur le jardin de Bresson dans le cadre du projet de métro, avec la coupe d’arbres centenaires.
La municipalité réaffirme par ailleurs que les compétences de la commune et du District autonome d’Abidjan sont distinctes et soutient qu’il n’existe pas de rapport hiérarchique entre les deux entités. Elle dénonce les « actions unilatérales » du District et réaffirme son ambition de servir « l’intérêt supérieur des populations, des administrés et des usagers du Plateau ».
(AIP)
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