Abidjan, 30 avr 2025 (AIP) – Le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE) est intervenu à temps pour arracher une adolescente des affres d’un mariage précoce et forcé à Katiali, dans le département de M’Bengué (Nord ivoirien, région du Poro).
Mademoiselle K.A, 17 ans, élève en classe de Quatrième au Collège moderne de Katiali, a récemment été menacée d’un mariage prématuré qui aurait compromis ses ambitions scolaires. Alertée sur la situation critique de cette jeune fille, le 23 avril 2025, la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré, a aussitôt mobilisé ses équipes pour traiter le dossier avec la plus grande diligence.
Alertée, la brigade de gendarmerie de M’Bengué s’est immédiatement rendue sur place pour interrompre le processus de mariage et garantir la sécurité de l’adolescente, rapporte une note d’information du MFFE transmise à l’AIP le 30 avril.
« Je vis à la maison avec mon papa et mes deux grands frères, ma mère étant décédée. Il y a un mois, mon papa m’a informé que je devais me marier dans quelques semaines parce qu’un homme avait demandé ma main et que cette demande avait été accordée par la famille. Ce jour-là, en arrivant à l’école, j’en ai parlé à mon éducateur parce que je ne voulais pas me marier. Je voulais continuer mes études. Mes parents m’ont dit que c’était un accord entre notre famille et celle de mon prétendant », a-t-elle confié la jeune fille lors d’un entretien avec le directeur régional du Poro du MFFE.
Mademoiselle K.A a exprimé ses craintes quant à l’impact négatif que ce mariage précoce a sur ses études. Face à cette situation, elle a décidé de porter plainte à la gendarmerie, qui a ensuite alerté le MFFE pour une intervention appropriée.

Les équipes du MFFE, à travers la direction régionale du Poro, sont actuellement à l’œuvre pour assurer la réintégration de Mlle K.A. au sein de sa famille, tout en lui garantissant le soutien nécessaire pour poursuivre ses études.
Au lendemain de cette affaire, le 24 avril, une cérémonie de 32 mariages a eu lieu à Katiali, en accord avec une coutume ancestrale de la communauté Malinké. Selon le correspondant de l’AIP, chaque année, après le mois de jeûne musulman, les familles Diabaté, Koné, Sylla et Traoré organisent des mariages collectifs dans cette sous-préfecture du département de M’Bengué, perpétuant ainsi des traditions qui, dans certains cas, mettent en péril les droits des jeunes filles.
Cette affaire met en lumière la nécessité d’une vigilance accrue pour la protection des droits des jeunes femmes, afin d’assurer qu’elles puissent réaliser leur potentiel sans être entravées par des mariages précoces.
(AIP)
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