Bondoukou, 23 juin 2026 (AIP) – Le sous-préfet central de Bondoukou, Sonh Laurent, a appelé, lundi 22 juin 2026, les 36 chefs de villages ainsi que l’ensemble des populations de sa circonscription à œuvrer pour mettre définitivement fin à l’orpaillage illégal à travers la création et la formalisation de coopératives, lors d’une réunion d’information et de sensibilisation tenue à la mairie de Bondoukou.
M. Sonh a souligné que l’orpaillage clandestin constitue une menace multidimensionnelle pour la sous-préfecture, en ce qu’il « pollue les cours d’eau, détériore les terres agricoles, compromet l’avenir des enfants et engendre des problèmes d’insécurité ». Dès lors, il a invité les populations à adopter une attitude de responsabilité citoyenne en dénonçant toute activité illégale et en collaborant étroitement avec l’administration et les forces de sécurité.

Rappelant les efforts engagés depuis sa prise de fonction en juillet 2021, M. Sonh a indiqué que plusieurs campagnes de sensibilisation ont été menées dans les villages de Boromba, Songori, Soko, Séréoudé, Sogobo, Kiendi-Ba, Abéma, Gbagnagassie et Pougouvagné, afin d’encourager les jeunes à se formaliser à travers des coopératives minières légalement reconnues.
De ce fait, ces actions ont déjà permis l’émergence de plusieurs initiatives structurées, dont la Coopérative simplifiée Yahopiènounou de Soko, déjà autorisée et en exploitation, ainsi que les coopératives de Pougouvagné et de Gbagnagassie, dont les dossiers sont actuellement en cours d’examen au ministère des Mines.
Selon lui, la sous-préfecture de Bondoukou enregistre aujourd’hui quatre autorisations d’exploitation minière d’or, dont trois artisanales et une semi-industrielle, tandis que plus d’une dizaine de demandes sont en cours de traitement.
Sur le plan technique, le directeur régional des Mines et de la Géologie du Gontougo, Justin Sadia, a expliqué les différentes étapes d’obtention d’une autorisation d’exploitation minière, tout en insistant sur le respect strict du Code minier et sur l’implication des communautés locales à travers les enquêtes de commodo et incommodo ainsi que les protocoles d’accord entre opérateurs et populations riveraines.
De son côté, le directeur régional de l’Environnement et de la Transition écologique du Gontougo, Tanou Kouassi, a attiré l’attention sur la gravité des impacts environnementaux de l’orpaillage clandestin. « Nos cours d’eau ont changé de couleur. L’exploitation illégale de l’or a un impact réel sur les ressources en eau, l’environnement et la santé des populations », a-t-il averti, tout en plaidant pour le respect systématique des études d’impact environnemental et social avant toute exploitation.
Pour ce faire, les forces de défense et de sécurité ont réaffirmé leur engagement dans la lutte contre ce phénomène. Au nom des FDS, le lieutenant Mel Odou, adjoint au commandant de la compagnie de gendarmerie de Bondoukou, a annoncé le renforcement des opérations de contrôle, de surveillance et de répression sur l’ensemble du territoire de la sous-préfecture afin de lutter efficacement contre l’orpaillage clandestin.
Les participants, en particulier les chefs traditionnels, ont salué cette initiative qu’ils ont jugée utile et nécessaire, estimant qu’elle leur permet de mieux comprendre les enjeux liés à l’exploitation minière et leur rôle dans la préservation de la paix sociale et de l’environnement.
(AIP)
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